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6/7/2003 :
Un réveil tardif et nous embarquons vers les étonnantes ILES UROS. Même si elles sont devenues touristiques, elles sont incontournables et uniques au monde. Le petit port de PUNO offre une multitude de possibilités pour rejoindre ces îles flottantes situées à 45 minutes de la rive. Les métissages avec des Indiens de langue aymara ont entraîné la disparition des Uros de pure souche qui parlaient autrefois une langue spécifique. Cette petite tribu a entamé son existence flottante il y a plusieurs siècles afin de sisoler des Colla et des Incas. La vie de ses habitants est totalement liée à celles des totoras, ces roseaux poussant en abondance sur les hauts-fonds du lac et dont la cueillette leur permet de fabriquer à peu près tout, des petites maquettes de bateaux à leurs îles elles-mêmes. Celles-ci sont construites en superposant plusieurs couches de roseaux (2 mètres dépaisseur), lajout régulier de nouvelles couches permettant de remplacer celles du dessous à mesure quelles pourrissent. Le sol est doux et moelleux mais il faut faire attention à ne pas mettre le pied sur un endroit pourri, jen ferai la triste expérience.
Nous débarquons sur une petite île où une procession dominicale se déroule, tandis que des apprentis artificier teste leurs feux. Un tournoi de volley féminin est organisé sur une des grandes îles de la tribu, le terrain étant propice aux plongeons. On y trouve aussi une école, une poste et une boutique de souvenirs. Lénergie est fournie par des panneaux solaires qui sont installés dans les huttes également construites en roseaux. Il règne sur ces îles un climat bon enfant où les générations se mélangent et contribuent au bon fonctionnement de cette microsociété. Ils se déplacent dîles en îles grâce à des canoés à têtes de dragons. Il faut 3 mois à deux travailleurs pour la conception de ces uvres dart.
Au port, nous prenons un taxi tricycle pour remonter vers le centre-ville. Le pauvre transpire à grosses gouttes pour ramener les deux mastodontes. Il est même obligé de poser pied à terre pour pousser le véhicule. Nous lui ferons grâce des derniers mètres. De là, nous crapahutons quelques dizaines de mètres vers la statue de Manco Capac. Cette statue offre une vue imprenable sur le lac. Dici nous apercevons le stade de foot, un match sy déroule. Nous reprenons la route pour rallier les portes du stadium de PUNO. Il oppose deux équipes de première division péruvienne. Le stade est pourri, la pelouse quasi-inexistante et pas une femme dans le stade. Les spectateurs sont tous pourvus dune radio afin de suivre les résultats des autres rencontres. Nous sommes les seuls gringos dans les tribunes, nous nous sentons épiés ; le match se termine par une victoire de 5 à 0 des locaux. A la fin de la rencontre, le commentateur radio me cherche et minterview sur le match. Les questions tournent autour du foot, mais en espagnol, je répondrai tant bien que mal avec mon vocabulaire qui sélève maintenant à une douzaine de mots. Lexpérience est intéressante
Nous prendrons RDV avec un pêcheur
du coin se prénommant Félix, nous engageons la conversation
avec lui et il nous propose se faire une petite sortie pêche
pour demain matin, nous prenons date.
7/7/2003 :
Lever matinal (5h30) pour retrouver Felix, il nous attend sur le
port avec sa canne à pêche. De pêcheur, il nen porte que
le nom à la vue de son matériel, un vieux lancer. Circonstances
atténuantes, il ne pêche jamais à la ligne mais au filet. On
assiste au lever du soleil sur le Titicaca, pas un bruit si ce nest
les cliquetis de leau sur la coque et ceux de mes dents. Il
fait un froid de canard !. Avec le plus grand naturel du
monde, il nous apprend que les poissons du Titicaca dorment à
cette heure, en effet nous reviendrons Fanny, les truites dorment...
mais la ville est tout à coup animée vers 9 h quand nous
rentrons au port groguis par le froid. Le marché journalier
attire tous les habitants de Puno. Nous sillonnons les étals où
reposent quantité de poissons et têtes de moutons. Nous
organisons ensuite la suite du voyage en achetant les billets de
bus pour la frontière bolivienne plus quelques habits pour
lutter contre le froid.
Il est 16 h, lorsque nous
retrouvons Félix sur le port bardé de nos sacs. Rares sont les
étrangers à avoir le privilège dêtre invités sur les
îles Uros pour y passer une nuit. Nous avançons doucement vers
une île inviolée, cachée derrière une rangée de roseaux. Il
y vit avec toute sa famille, sa femme, Daniel, Amado, Xavier, un
autre garçon et ses deux filles. Cette petite île flottante
soutient le poids de 10 familles, 45 personnes, une quinzaine de
huttes et la première école des Uros qui accueille les enfants
des îles voisines.
Débarqués depuis quelques
secondes, sa femme nous tend deux tasses de maté de coca (linfusion
locale). Sitôt terminés, nous remettons les pieds dans la
barque. Nous vivons à leurs rythmes et participons aux tâches
quotidiennes, posons les filets pour la nuit, préparons la
popotte (des bananes et du pain) etc
Nous retrouvons toute la famille
entassée dans une hutte en roseaux de 12 m². Et cest en
tailleur, que nous partageons nos idées sur la vie au Pérou, la
France. Ils nous enseignent le calcul en Aymara (langue
officielle des Uros), et en quechua (lautre langue péruvienne),
montrent des photos détrangers quils ont accueillis.
Il parle avec passion de Marco Simonnet (la véritable star de lîle).
Ce Marco est un journaliste français et parrain dun de ses
enfants. Il leurs fait souvent don de matériel scolaire, habits,
chaussures etc..., Félix le porte dans son cur. Partager
quelques heures avec ce peuple restera un des grands moments de
ce périple
Il fait nuit quand nous nous
retirons dans la hutte damis, le froid commence à nous
assaillir lorsque nous éteignons la bougie. Malgré deux
couvertures, et tout nos habits, nous grelottons en voyant la
lune à travers le toit. La température descendra jusquà
-10 degrés (noublions pas que nous dormons sur leau
à 3820 m daltitude). Cest sans doute la nuit la plus
froide que jai connu jusque là, nous ne fermons
pratiquement pas lil
8/7/2003 :
Il est 6h lorsque Félix nous réveille, cest une libération, il fait presque jour et nous entamons la journée par la levée des filets. Ici, pas de pêches miraculeuses, nous récoltons seulement une vingtaine de poissons (cest dans la moyenne nous explique-t-il). Lîle commence à sanimer, chacun sort de sa hutte, les enfants de notre famille daccueil jouent au foot avant lécole, les filles sattellent à leurs corvées tandis que laînée construit de jolis bateaux en roseaux. Les mains sur une infusion, les pieds sur le tapis de roseaux, lîle qui sanime devant nous, la chaleur nous envahit, un vrai bonheur !!!. Nous observons tout ce petit monde et prenons quelques clichés souvenirs des enfants Uros.
Nous nous interrogeons sur ce mode
de vie peu banal lorsque une magnifique assiette de poissons
grillés nous est tendue. Un flot de touristes débarque sur lîle
pour y acheter des souvenirs. Tous les habitants prennent place
derrière leurs étals pour gagner quelques sols. Les gens sont
étonnés de nous trouver là, crades, poissons au bec.
Après un échange dadresse, de grands remerciements, nous quittons les Uros pour prendre au vol un autre bateau qui nous acheminera vers lîle dAmantani. Le trajet dure quatre heures (50 km), nous faisons la connaissance disraéliens, québécois et autres brésiliens.
Je laisse ladresse de cette famille pour ceux qui veulent leur faire parvenir quelques matériels scolaires :
Felix Coila Quispe
Los Uros Santa Maria Tupire
Maranatha P.U 009560
Mission de lago Titicaca
Casilla 312
Puno
- Peru
Cette île ressemble beaucoup à
celle de Taquile dont elle est éloignée seulement de quelques
kilomètres. Du fait de son éloignement de Puno, elle est moins
visitée. Cette île est dépourvue de route, de véhicules et de
chiens. Plusieurs villages sont nichés sous des collines surmontées
de ruines, les plus hautes étant Pachamama et Pachatata.
Nous débarquons dans une île soi-disant peu touristiques, ERREUR, les bateaux se succèdent tandis que les insulaires viennent chercher leurs clients à la queue leu leu, les contacts sont minimes, nous devons déjeuner dans notre chambre, à lécart des locaux. Ceci dit, nous admirons et superbe coucher de soleil. Le Club-Med local organise après le dîner une soirée à lemporte pièce avec un groupe local et des tenues traditionnelles. Cest tellement surfait que nous écartons de ce brouhaha et tombons sur deux parisiens vraiment cool avec qui nous allons poursuivre un bout de route vers la Bolivie (Steph et Armelle). Nous dormirons comme des bébés dans une chambre avec chauffage et vu la hauteur des plafonds, nous profiterons pleinement de cette chaleur
9/7/2003 :
Nous embarquons à nouveau sur le
« St-Antonio » pour rallier Taquile (une heure). Il
est 9h30 lorsque nous y posons pieds, un sentier longe la rive
pour sélever vers le village. Nous quittons notre groupe
pour visiter un collège, on y improvise une partie de foot. Nous
rejoignons ensuite notre groupe pour déjeuner (il faut pas
perdre le nord !!). La particularité de lîle réside
dans les bonnets des insulaires. En effet il en existe 3 types de
couvre-chefs : les rouges (qui signifie que lhomme est
marié), les blancs sur le coté (homme ayant une compagne mais
non marié) et blancs en arrière (homme célibataire). Les
paysages restent néanmoins superbes avec le bleu du Titicaca et
le blanc des hautes montagnes boliviennes. Nous rentrons pour 16
h à Puno, la visite de ces îles (Amantani et taquile) ne
restera pas impérissable mais elle aura au moins eu lavantage
de nous faire perdre quelques kilos. Le retour à lhôtel
est grandiose avec douche chaude (4 jours que nous traînions les
mêmes chaussettes). Propres comme des sous neufs, nous dévorons
dans notre cantine un bifteck à linternational. Nous
doublons notre budget bouffe journalier en un repas (30 frs), la
vie au Pérou est tellement bon marche...
Livre d'Or
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