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30/6/2003 :

Il faut impérativement acheter le Boleto Touristico (18 sols) qui donne droit aux entrées des principaux lieux touristiques de la ville et des environs.Les alentours de CUZCO permettent d’admirer un maximum de sites incas à pieds ou en taxis. Un collectivo nous mène à TAMBO MACHAY, situé à 8 km du centre. Nous redescendrons à pied à travers la pampa et les sites incas. Le bain de l’Inca est le seul attrait architectural du coin, il y venait pour la source sacrée qui coule de terrasse en terrasse et pour y accomplir certains rites religieux. Ce coin est peuplé de lamas, c’est notre premier contact avec ces drôles de mammifères. Je fais l’expérience Haddockienne quant à leurs mauvais caractères.

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Nous traversons de petits villages dans une campagne resplendissante, les sites de PUCA PUCARA et surtout de SACSAYHUAMAN. Ce site est le plus impressionnant des environs immédiats de CUZCO. Son nom signifie « faucon satisfait ». Aujourd’hui nous ne distinguons plus que 20% de la structure d’origine. Peu après la conquête, les espagnols détruisirent une grande partie des murs pour construire leurs maisons dans la ville en contrebas. Ils laissèrent les blocs de pierre les plus lourds dont l’un pèse plus de 300 tonnes. La plus part forment les principaux remparts. Les incas avaient donné à CUZCO la forme d’un puma, SACSAYHUAMAN en représentant la tête. Le site se compose de deux parties différentes, la plus évidente étant formée par les murs en zigzag des principaux remparts. Les 22 zigzags constituant les dents du puma permettaient une défense très efficace car les attaquants devaient s’exposer leur flanc pour lancer le moindre assaut. En face, se dresse la colline de Rodadero, dont les murs de soutènement se composent de rochers curieusement polis, ce qui permettaient, là encore une défense quasi imparable.

Le fort fut le théâtre de l’une des plus terribles batailles de la conquête espagnole. Environ deux ans et demi après l’arrivée de Pizarro à CUZCO, le rebelle Manco Inca reprit le fort, insuffisamment gardé, où il établit une base opérationnelle pour assiéger les conquistadors installés en contrebas. Manco faillit vaincre les espagnols mais, au cours d’une attaque désespérée, cinquante cavaliers menés par Juan Pizarro finirent par reprendre SACSAYHUAMAN, mettant ainsi un terme à la rébellion. Manco Inca survécut et se réfugia dans la forteresse d’OLLANTAYTAMBO. La plus part des soldats furent tués. Les milliers de morts gisant sur le champ de bataille attirèrent des nuées de charognards, ce qui explique la présence de huit condors sur les armoiries de CUZCO.La petite parenthèse historique terminée, nous poursuivîmes notre visite en admirant la vue aérienne de CUZCO aux cotés du Cristo Blanco, statue censée protéger la cité. Nous entamons la descente à travers les différentes habitations révélant la couche sociale des habitants : les pauvres en haut qui sont des proies aux éléments climatiques et les riches en bas, protégés par les collines environnantes.

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1/7/2003 :

Nous suivons la route de Manco Inca qui se réfugia à OLLANTAYTAMBO, les espagnols étant à  sa poursuite. Ce village est situé dans la vallée Sacrée et jouit d’un climat agréable en raison de son altitude (2700 mètres). La route passant à Chinchero permet d’apprécier pleinement les décors andins, c’est superbe. Le trajet dure une heure et demie en bus, avec un changement à Urubamba. Il n’est d’ailleurs pas à notre avantage puisque nous quittons nos sièges de sénateurs pour nous enfourner dans un collectivo. Nous sommes coincés à l’arrière entre un balai brosse et un landau, mais nous arrivons tant bien que mal à rallier la petite place et son marché. C’est un site incontournable à double titre, il possède de superbes ruines en terrasse et sa gare permet de joindre AGUA CALIENTE et le MACHU PICCHU.

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L’imposante forteresse d’OLLANTAYTAMBO fait partie des rares endroits où les espagnols subirent une importante défaite durant la conquête. En bas, le village, construit sur des soubassements traditionnels incas, offre l’un des exemples les mieux préservés de l’urbanisme inca : il est divisé en canchas, des pâtés de maisons dotés chacun d’une seule entrée donnant sur une cour. Les immenses terrasses aménagées autour de la forteresse force notre admiration. Elles servirent de refuge à Manco. En 1536, Le demi-frère de Pizarro aidé par de nombreux cavaliers et fantassins tenta de capturer l’inca mais sans succès. Ses hommes furent assaillis par une pluie de flèches, de lances, de pierres et de rochers. L’inca eu en outre la bonne idée d’inonder la plaine grâce à des canalisations prévues à cet effet. Victoire de courte durée puisque une armée renforcée par des troupes de retour du Chili écrasa OLLANTAYTAMBO et provoquèrent la fuite de l’Inca dans la jungle à Vilcabamba. L’architecture de ce site est typique et original et permet de s’imprégner des stratégies incas utilisés pour déjouer les attaques des espagnols armés. A midi, deux français d’une quarantaine d'années, parcourant l'Amérique du sud en camping car, immatricule dans le 41, nous ont filés un petit tuyau concernant l’entrée du Machu Picchu. Il est possible d’éviter le droit d’entrée, 20 dollars quand même, en arrivant sur le site avant 5h du mat. Il existerait un petit sentier utilise par les bergers qui nous permettrait d’arriver sur le flan de la montagne du Huyana Picchu (tel David Vincent, nous ne trouverons jamais ce raccourci…).Un repas, une coulante et une partie de carte plus tard nous prenons le train à 19h45 pour AGUA CALIENTE, point de départ pour une des merveilles du monde.Nous descendons du train avec une horde de touristes et nous nous mettons en quête d’un hôtel. Très touristique ce village offre une multitude de solutions pour se loger et ceci pour toutes les bourses.

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Le choix de passer par AGUA CALIENTE est venu de lui-même puisque nous voulions éviter le trek de l’Inca (150 dollars) pour des raisons économiques mais aussi parce que c’est devenu une marche trop touristique même si l’Etat limite le nombre de randonneurs journaliers.

 

2/7/2003 :

Nous mettons le réveil à 4h du mat afin d’arriver les premiers sur le site afin d’admirer le lever du soleil. Nous sortons de l’hôtel dans la nuit et descendons la rue piétonne qui nous lie à la petite place centrale. Les discothèques sont encore ouvertes et crachent des morceaux anglo-saxons, on traverse la voie ferrée, 8 km et 700 mètres de dénivelés nous attendent. Des bus effectuent le trajet entre Agua Caliente et l’entrée pour 5 dollars, mais à partir de huit heures du matin. Il est 4h30 quand nous passons à hauteur du dernier lampadaire, on y voit rien, on n’a pas de lampes de poche et la lune est cachée par les nuages. Heureusement un couple ayant eu la bonne idée de se munir du précieux sésame nous dépasse, on prend leurs roues, ils vont vite, on se met en danseuse, ça gicle, on commence à transpirer, premières marches à travers la forêt, nous sommes en difficultés, on perd du terrain, on lutte, ils partent, nous sommes lâchés, ils ne se retournent pas, ils vont vers le sommet, nous tâtonnons, c’est la fringale, on a plus qu’à attendre le groupe étau, celui-ci ne se fait pas attendre avec 2 suédoises et 3 anglaises. Le jour et la lumière apparaissent, nous échangeons quelques idées, quelques farces et c’est le mur final, nous les lâchons dans les derniers lacets sans pouvoir revenir sur le premier groupe d’échappés, c’est l’arrivée devant l’hôtel Machu Picchu Ruinas, le seul érigé sur le site. Nous en profitons pour troquer notre maillot à poids contre un autre de rechange. Nous avons fait la route en une heure et quart. Nous entrons dans l’hôtel à 270$ la piaule pour nous sécher et profitons du mépris d’un gardien pour nous rendre au plus beau buffet de viennoiseries qu’il m’a été donné de voir. C’est avec le sourire et les poches pleines que nous sortons et payons notre droit d’entrée (20$). Il faut noter qu’il est interdit d’emmener de la nourriture dans son enceinte.

Ce n’est qu’en 1911 que Bingham, archéologue américain, découvrit le MACHU PICCHU, tout à fait par hasard. Il fut d’ailleurs étonné de constater que cette cité perdue était habitée par un couple d’Indiens cultivant les terrasses, alors que l’endroit était recherché depuis des siècles par les archéologues. C’est sans conteste le monument précolombien le plus spectaculaire d’Amérique du sud, autant par l’importance des constructions que par l’incroyable splendeur du site. Le MACHU PICCHU n’a rien perdu de son mystère : fut-il une forteresse établie pour prévenir une invasion des tribus amazoniennes ? Fut-il une capitale religieuse ou simplement un lieu de culte consacré au soleil ? Fut-il le dernier refuge des Vierges du Soleil ou la dernière capitale inca ? On dit que Manco Capac, le dernier roi inca, recherché par les espagnols, s’y réfugia, jamais Pizarro ne trouva sa cachette. Cela s’explique aisément : Le MACHU est au sommet d’une montagne coupée de telle façon que le site est parfaitement invisible de la vallée. Le décor est planté devant nous …Allo Cuzco, on a un problème !! On ne voit pas à trois mètres, le brouillard a élu domicile autour des ruines. Nous squattons la terrasse panoramique ou mirador dans l’espoir que cette purée de pois disparaisse, puis nous nous endormons dans l’herbe. Réveil à 10h par le soleil, mais pas de miracles le frog nous cache toujours la vue.

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Tel Esteban, j’implore Pachamama de nous libérer de ce mauvais brouillard, le ciel bleu apparaîtra une demi-heure plus tard, le spectacle est à nos pieds, nous somme bloqué par tant de splendeur, les appareils photos crépitent autour de nous, c’est un enchantement.Nous déambulons ensuite dans les méandres des ruines, à travers le quartier des agriculteurs ou du tombeau royal. Cette caverne en dessous de la tour centrale fut probablement le tombeau d’un ancien chef inca. On distingue aisément les différents quartiers séparés par une vaste esplanade ou vivent de nombreuses espèces tels que lamas, vigognes, alpagas ou autres guanacos. De l’autre côté de cette place, on distingue le quartier des prisons ou le quartier industriel, puis le quartier des intellectuels et celui des comptables. Romain et moi nous interrogeons sur le pourquoi d’une telle microsociété dans un tel décor…

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La montagne surplombant le site se nomme l’HUYANA PICCHU. Nous la gravirons en 40 minutes, ce fut une ascension difficile ou des habits crades sont de rigueur, il faut parfois monter à quatre pattes mais le panorama à 360° sur le MACHU PICCHU et sur la vallée de l’URUBAMBA mérite le détour (le sentier est ouvert jusqu'à 15h). Nous restons là-haut plus de deux heures à discuter sur les rochers, nos pieds se balancent dans le vide, 900 mètres plus bas, c’est le fleuve… La descente est dangereuse, les marches sont glissantes et l’humidité ambiante provoque quelques glissades.

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Nous repartons en quête de nos amis les bêtes pour les taquiner, nous engageons une course-poursuite avec les lamas dans les ruines, un vrai bonheur. Retour vers 15-16h, douche et dodo (le train repart vers 5 h du mat). MACHU PICCHU est un site incontournable et même si les frais occasionnés peuvent être élevés pour les petites bourses, sa visite est OBLIGATOIRE. Petit conseil : Visitez ce site avant 14 h, après les cars de touristes débarquent leurs populations bruyantes.

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3/7/2003 :

Nous quittons la ville thermale en train en sens inverse afin de rallier CUZCO. Nous ferons une randonnée dans un décor sublime, longeons un sentier bordés de cactus géants, croisons les paysans menant leurs bœufs en pâtures, la pampa est resplendissante, les hauts pics andins en toile de fond. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres d’URUBAMBA mais nous ne croiserons aucun touriste sur le site des Salines de MARAS. Des centaines de puits servent depuis l’époque inca à l’extraction du sel. Une source chaude située au sommet de la vallée déverse un petit cours d’eau chargé en sel ; dévié vers les  puits, celui-ci permet de récolter, après évaporation, des salants pour le bétail. Les salines sont un méandre de bains blancs, une paire de lunettes est donc indispensable. Les ouvriers nous expliquent leurs techniques pour orienter les filets d’eau vers les bassins, on déambule sur les petits promontoires en sel.

Vers 15h, nous accusons le coup, prenons un taxi sur des routes désertes avant de repartir en bus vers la capitale inca. Sieste dans le bus et grosse nuit en perspective, nos escapades « machupicchuéennes » ont laissées des traces…

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4/7/2003 :

Après avoir pris possession de la nature andine, nous nous replongeons dans CUZCO, chargée d’histoire. Nous commençons par la visite de la cathédrale qui n’est qu’à deux pas de notre hôtel. Elle fut entamée en 1559 et sa construction dura près d’un siècle. Principale église de CUZCO, elle renferme l’une des plus importantes collections d’art colonial de la ville. On peut y admirer des centaines de toiles de l’Ecole de CUZCO, style né de l’imagination d’artistes indiens des Andes qui se sont inspirés de peintures espagnoles des XVI ème et XVII ème siècles. La cathédrale forme un tout avec deux autres églises. L’Eglise El Triunfo, à droite, est la plus ancienne de la ville (1536) ; à gauche, l’église Jesus Maria date de 1733. Les autochtones ne manquent jamais de se signer devant l’entrée de ce sanctuaire. Les nombreuses chapelles qui s’y trouvent valent le détour (avec le boleto Turistico !!).

Nous ferons ensuite un détour par la fac de droit qui se trouve également sur la Plazza des Armas. Cette dernière, occupait, à l’époque inca un espace deux fois plus vaste. Elle est située en plein cœur de la ville, ornée du drapeau rouge et blanc péruvien ainsi que du drapeau arc-en-ciel de Tahuantinsuyo qui s’apparente avec l’emblème de la communauté homosexuelle. Elle est entourée d’arcades coloniales. A l’ouest, une ruelle piétonne bordée de murs incas constitue l’une des voies d’accès historiques. De nombreux vendeurs ambulants nous proposerons des pull-overs en laine d’alpaga, tous trop petits. Romain se laissera tenter par une paire d’Oakley.

Nous quittons le centre ville pour descendre vers les quartiers artisanaux, c’est ici que nous ferons le plein d’objets futiles tels que des tee-shirts Inca Cola (distribué par Coka) ou bières Cusquena, jeux d’échecs, service à thé en céramique, chapeau de paysan etc… Le marché couvert vaut vraiment le coup d’œil, on y trouve de tout et même d’anciennes insignes militaires. Mais nous aurons également la judicieuse idée n’investir dans des pulls, gants et autres chapeaux pour pouvoir affronter les dures nuits a venir (voir plus loin). D’ailleurs la température dégringole de jours en jours contrairement a la France ou les températures de l’été 2003 atteindront des sommets. Ce soir là, je n ai pas eu de choix que d’enfiler mon poncho et mon bonnet péruvien pour aller dîner, on grelotte.

 

5/7/2003 :

Journée de transition, nous prenons la direction du sud du Pérou par un train qui ne fonctionne que deux jours par semaine. Notre objectif est de rallier PUNO, une station balnéaire au bord des rives du lac TITICACA. Le trajet dure de 9 à 12 h selon la volonté de la locomotive. Les paysages traversés en cette matinée ensoleillée sont tantôt marécageux tantôts désertiques, nous longeons le fleuve. Le voyage en deuxième classe est agrémenté d’animations musicales ou d’un service de restauration. Nous partagerons notre repas de midi avec un couple voisin, au menu sandwich et avocats. Je m’occupe en lisant les guides de voyage ou en prenant des cours de coinche auprès de mon mentor Romain. Tout à coup, le train stoppe dans une grande plaine au pied des monts enneigés, c’est la mi-parcours. A cette altitude (4300 mètres), le moindre effort se paye cash. Un attroupement de vendeurs ambulants propose de la nourriture à prix majorés ou des tissages en laine d’alpaga. Une petite chapelle permet aux locaux de se recueillir et de souhaiter bonne chance pour la descente vers le lac.

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Un peu plus tard, le train s’arrêtera une dernière fois. En effet, il se produit, au milieu des troupeaux de lamas sauvages, un événement bizarre. Nous croisons un autre train emportant des passagers vers CUZCO. C’est la mi-parcours et nous héritons du personnel d’équipage du train inverse, tout le monde se salue, s’embrasse dans un climat de fête, les blagues fusent tandis que nous observons cette scène ébahie. Vers 17h, nous posons nos pieds à PUNO où nous attend Isabelle avec laquelle nous avions convenus de nous retrouver. Elle nous mène à l’Hôtel Los Uros (Calle Theodoro Valcarel 135). Il se situe à deux pas de la gare, propre avec eau chaude.

PUNO est située au bord du Lac TITICACA, ce n’est pas une ville passionnante. Elle est perchée à 3827 mètres d’altitude au bord du plus haut lac navigable du monde. Avec ses 8000 km², c’est une véritable mer intérieure avec de vraies mini tempêtes et de grosses vagues. Elle se situe dans une région aride mais splendide battue par les vents, des journées souvent ensoleillées avec un fond d’air frais, des nuits glaciales avec un ciel fantastiquement étoilé. Il n’y a pas de doute, c’est l’Altiplano dans toute sa splendeur !. Nous passerons la soirée dans une discothèque avec deux autres américains.

 

La suite ... homme03.gif (80552 bytes)

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