USA Est, Canada 1996 USA ouest 1999 Dijon 2001 Corse 2001 Bali 2002 Pérou, Bolivie, Chili 2003 Amsterdam 2003 Paris 2004 Londres 2004 Inde 2004 Maroc 2004 Mexique, Belize, Guatemala 2005 Alsace 2006 USA ouest 2006 Normandie 2006 Belgique 2006 New York 2006 Venise 2007 Bali 2007 Nord 2008 Barcelone 2008 Périgord 2008 USA Est, Canada 2008
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30/6/2003 :
Il faut impérativement acheter le
Boleto Touristico (18 sols) qui donne droit aux entrées des
principaux lieux touristiques de la ville et des environs
Nous traversons de petits villages dans une campagne resplendissante, les sites de PUCA PUCARA et surtout de SACSAYHUAMAN. Ce site est le plus impressionnant des environs immédiats de CUZCO. Son nom signifie « faucon satisfait ». Aujourdhui nous ne distinguons plus que 20% de la structure dorigine. Peu après la conquête, les espagnols détruisirent une grande partie des murs pour construire leurs maisons dans la ville en contrebas. Ils laissèrent les blocs de pierre les plus lourds dont lun pèse plus de 300 tonnes. La plus part forment les principaux remparts. Les incas avaient donné à CUZCO la forme dun puma, SACSAYHUAMAN en représentant la tête. Le site se compose de deux parties différentes, la plus évidente étant formée par les murs en zigzag des principaux remparts. Les 22 zigzags constituant les dents du puma permettaient une défense très efficace car les attaquants devaient sexposer leur flanc pour lancer le moindre assaut. En face, se dresse la colline de Rodadero, dont les murs de soutènement se composent de rochers curieusement polis, ce qui permettaient, là encore une défense quasi imparable.
Le fort fut le théâtre de lune
des plus terribles batailles de la conquête espagnole. Environ
deux ans et demi après larrivée de Pizarro à CUZCO, le
rebelle Manco Inca reprit le fort, insuffisamment gardé, où il
établit une base opérationnelle pour assiéger les
conquistadors installés en contrebas. Manco faillit vaincre les
espagnols mais, au cours dune attaque désespérée,
cinquante cavaliers menés par Juan Pizarro finirent par
reprendre SACSAYHUAMAN, mettant ainsi un terme à la rébellion.
Manco Inca survécut et se réfugia dans la forteresse dOLLANTAYTAMBO.
La plus part des soldats furent tués. Les milliers de morts
gisant sur le champ de bataille attirèrent des nuées de
charognards, ce qui explique la présence de huit condors sur les
armoiries de CUZCO.
1/7/2003 :
Nous suivons la route de Manco Inca
qui se réfugia à OLLANTAYTAMBO, les espagnols étant à sa
poursuite. Ce village est situé dans la vallée Sacrée et jouit
dun climat agréable en raison de son altitude (2700 mètres).
La route passant à Chinchero permet dapprécier pleinement
les décors andins, cest superbe. Le trajet dure une heure
et demie en bus, avec un changement à Urubamba. Il nest dailleurs
pas à notre avantage puisque nous quittons nos sièges de sénateurs
pour nous enfourner dans un collectivo. Nous sommes coincés à larrière
entre un balai brosse et un landau, mais nous arrivons tant bien
que mal à rallier la petite place et son marché. Cest un
site incontournable à double titre, il possède de superbes
ruines en terrasse et sa gare permet de joindre AGUA CALIENTE et
le MACHU PICCHU.
Limposante forteresse dOLLANTAYTAMBO
fait partie des rares endroits où les espagnols subirent une
importante défaite durant la conquête. En bas, le village,
construit sur des soubassements traditionnels incas, offre lun
des exemples les mieux préservés de lurbanisme inca :
il est divisé en canchas, des pâtés de maisons dotés chacun dune
seule entrée donnant sur une cour. Les immenses terrasses aménagées
autour de la forteresse force notre admiration. Elles servirent
de refuge à Manco. En 1536, Le demi-frère de Pizarro aidé par
de nombreux cavaliers et fantassins tenta de capturer linca
mais sans succès. Ses hommes furent assaillis par une pluie de
flèches, de lances, de pierres et de rochers. Linca eu en
outre la bonne idée dinonder la plaine grâce à des
canalisations prévues à cet effet. Victoire de courte durée
puisque une armée renforcée par des troupes de retour du Chili
écrasa OLLANTAYTAMBO et provoquèrent la fuite de lInca
dans la jungle à Vilcabamba.
Le choix de passer par AGUA CALIENTE est venu de lui-même puisque nous voulions éviter le trek de lInca (150 dollars) pour des raisons économiques mais aussi parce que cest devenu une marche trop touristique même si lEtat limite le nombre de randonneurs journaliers.
2/7/2003 :
Nous mettons le réveil à 4h du
mat afin darriver les premiers sur le site afin dadmirer
le lever du soleil. Nous sortons de lhôtel dans la nuit et
descendons la rue piétonne qui nous lie à la petite place
centrale. Les discothèques sont encore ouvertes et crachent des
morceaux anglo-saxons, on traverse la voie ferrée, 8 km et 700 mètres
de dénivelés nous attendent. Des bus effectuent le trajet entre
Agua Caliente et lentrée pour 5 dollars, mais à partir de
huit heures du matin. Il est 4h30 quand nous passons à hauteur
du dernier lampadaire, on y voit rien, on na pas de lampes
de poche et la lune est cachée par les nuages. Heureusement un
couple ayant eu la bonne idée de se munir du précieux sésame
nous dépasse, on prend leurs roues, ils vont vite, on se met en
danseuse, ça gicle, on commence à transpirer, premières
marches à travers la forêt, nous sommes en difficultés, on
perd du terrain, on lutte, ils partent, nous sommes lâchés, ils
ne se retournent pas, ils vont vers le sommet, nous tâtonnons, cest
la fringale, on a plus quà attendre le groupe étau, celui-ci
ne se fait pas attendre avec 2 suédoises et 3 anglaises. Le jour
et la lumière apparaissent, nous échangeons quelques idées,
quelques farces et cest le mur final, nous les lâchons
dans les derniers lacets sans pouvoir revenir sur le premier
groupe déchappés, cest larrivée devant lhôtel
Machu Picchu Ruinas, le seul érigé sur le site. Nous en
profitons pour troquer notre maillot à poids contre un autre de
rechange. Nous avons fait la route en une heure et quart. Nous
entrons dans lhôtel à 270$ la piaule pour nous sécher et
profitons du mépris dun gardien pour nous rendre au plus
beau buffet de viennoiseries quil ma été donné de
voir. Cest avec le sourire et les poches pleines que nous
sortons et payons notre droit dentrée (20$). Il faut noter
quil est interdit demmener de la nourriture dans son
enceinte.
Ce nest quen 1911 que
Bingham, archéologue américain, découvrit le MACHU PICCHU,
tout à fait par hasard. Il fut dailleurs étonné de
constater que cette cité perdue était habitée par un couple dIndiens
cultivant les terrasses, alors que lendroit était recherché
depuis des siècles par les archéologues. Cest sans
conteste le monument précolombien le plus spectaculaire dAmérique
du sud, autant par limportance des constructions que par lincroyable
splendeur du site. Le MACHU PICCHU na rien perdu de son
mystère : fut-il une forteresse établie pour prévenir une
invasion des tribus amazoniennes ? Fut-il une capitale
religieuse ou simplement un lieu de culte consacré au
soleil ? Fut-il le dernier refuge des Vierges du Soleil ou
la dernière capitale inca ? On dit que Manco Capac, le
dernier roi inca, recherché par les espagnols, sy réfugia,
jamais Pizarro ne trouva sa cachette. Cela sexplique aisément :
Le MACHU est au sommet dune montagne coupée de telle façon
que le site est parfaitement invisible de la vallée.
Tel Esteban, jimplore
Pachamama de nous libérer de ce mauvais brouillard, le ciel bleu
apparaîtra une demi-heure plus tard, le spectacle est à nos
pieds, nous somme bloqué par tant de splendeur, les appareils
photos crépitent autour de nous, cest un enchantement.
La montagne surplombant le site se
nomme lHUYANA PICCHU. Nous la gravirons en 40 minutes, ce
fut une ascension difficile ou des habits crades sont de rigueur,
il faut parfois monter à quatre pattes mais le panorama à 360°
sur le MACHU PICCHU et sur la vallée de lURUBAMBA mérite
le détour (le sentier est ouvert jusqu'à 15h). Nous restons là-haut
plus de deux heures à discuter sur les rochers, nos pieds se
balancent dans le vide, 900 mètres plus bas, cest le
fleuve
La descente est dangereuse, les marches sont
glissantes et lhumidité ambiante provoque quelques
glissades.
Nous repartons en quête de nos
amis les bêtes pour les taquiner, nous engageons une course-poursuite
avec les lamas dans les ruines, un vrai bonheur. Retour vers 15-16h,
douche et dodo (le train repart vers 5 h du mat). MACHU PICCHU
est un site incontournable et même si les frais occasionnés
peuvent être élevés pour les petites bourses, sa visite est
OBLIGATOIRE. Petit conseil : Visitez ce site avant 14 h, après
les cars de touristes débarquent leurs populations bruyantes.
3/7/2003 :
Nous quittons la ville thermale en
train en sens inverse afin de rallier CUZCO. Nous ferons une
randonnée dans un décor sublime, longeons un sentier bordés de
cactus géants, croisons les paysans menant leurs bufs en pâtures,
la pampa est resplendissante, les hauts pics andins en toile de
fond. Nous ne sommes quà quelques kilomètres dURUBAMBA
mais nous ne croiserons aucun touriste sur le site des Salines de
MARAS. Des centaines de puits servent depuis lépoque inca
à lextraction du sel. Une source chaude située au sommet
de la vallée déverse un petit cours deau chargé en
sel ; dévié vers les puits, celui-ci permet de récolter,
après évaporation, des salants pour le bétail. Les salines
sont un méandre de bains blancs, une paire de lunettes est donc
indispensable. Les ouvriers nous expliquent leurs techniques pour
orienter les filets deau vers les bassins, on déambule sur
les petits promontoires en sel.
Vers 15h, nous accusons le coup,
prenons un taxi sur des routes désertes avant de repartir en bus
vers la capitale inca. Sieste dans le bus et grosse nuit en
perspective, nos escapades « machupicchuéennes » ont
laissées des traces
4/7/2003 :
Après avoir pris possession de la
nature andine, nous nous replongeons dans CUZCO, chargée dhistoire.
Nous commençons par la visite de la cathédrale qui nest
quà deux pas de notre hôtel. Elle fut entamée en 1559 et
sa construction dura près dun siècle. Principale église
de CUZCO, elle renferme lune des plus importantes
collections dart colonial de la ville. On peut y admirer
des centaines de toiles de lEcole de CUZCO, style né de limagination
dartistes indiens des Andes qui se sont inspirés de
peintures espagnoles des XVI ème et XVII ème siècles. La cathédrale
forme un tout avec deux autres églises. LEglise El
Triunfo, à droite, est la plus ancienne de la ville (1536) ;
à gauche, léglise Jesus Maria date de 1733. Les
autochtones ne manquent jamais de se signer devant lentrée
de ce sanctuaire. Les nombreuses chapelles qui sy trouvent
valent le détour (avec le boleto Turistico !!).
Nous ferons ensuite un détour par
la fac de droit qui se trouve également sur la Plazza des Armas.
Cette dernière, occupait, à lépoque inca un espace deux
fois plus vaste. Elle est située en plein cur de la ville,
ornée du drapeau rouge et blanc péruvien ainsi que du drapeau
arc-en-ciel de Tahuantinsuyo qui sapparente avec lemblème
de la communauté homosexuelle. Elle est entourée darcades
coloniales. A louest, une ruelle piétonne bordée de murs
incas constitue lune des voies daccès historiques.
De nombreux vendeurs ambulants nous proposerons des pull-overs en
laine dalpaga, tous trop petits. Romain se laissera tenter
par une paire dOakley.
Nous quittons le centre ville pour
descendre vers les quartiers artisanaux, cest ici que nous
ferons le plein dobjets futiles tels que des tee-shirts
Inca Cola (distribué par Coka) ou bières Cusquena, jeux déchecs,
service à thé en céramique, chapeau de paysan etc
Le
marché couvert vaut vraiment le coup dil, on y
trouve de tout et même danciennes insignes militaires.
Mais nous aurons également la judicieuse idée ninvestir
dans des pulls, gants et autres chapeaux pour pouvoir affronter
les dures nuits a venir (voir plus loin). Dailleurs la température
dégringole de jours en jours contrairement a la France ou les
températures de lété 2003 atteindront des sommets. Ce
soir là, je n ai pas eu de choix que denfiler mon poncho
et mon bonnet péruvien pour aller dîner, on grelotte.
5/7/2003 :
Journée de transition, nous
prenons la direction du sud du Pérou par un train qui ne
fonctionne que deux jours par semaine. Notre objectif est de
rallier PUNO, une station balnéaire au bord des rives du lac
TITICACA. Le trajet dure de 9 à 12 h selon la volonté de la
locomotive. Les paysages traversés en cette matinée ensoleillée
sont tantôt marécageux tantôts désertiques, nous longeons le
fleuve. Le voyage en deuxième classe est agrémenté danimations
musicales ou dun service de restauration. Nous partagerons
notre repas de midi avec un couple voisin, au menu sandwich et
avocats. Je moccupe en lisant les guides de voyage ou en
prenant des cours de coinche auprès de mon mentor Romain. Tout
à coup, le train stoppe dans une grande plaine au pied des monts
enneigés, cest la mi-parcours. A cette altitude (4300 mètres),
le moindre effort se paye cash. Un attroupement de vendeurs
ambulants propose de la nourriture à prix majorés ou des
tissages en laine dalpaga. Une petite chapelle permet aux
locaux de se recueillir et de souhaiter bonne chance pour la
descente vers le lac.
Un peu plus tard, le train sarrêtera
une dernière fois. En effet, il se produit, au milieu des
troupeaux de lamas sauvages, un événement bizarre. Nous
croisons un autre train emportant des passagers vers CUZCO. Cest
la mi-parcours et nous héritons du personnel déquipage du
train inverse, tout le monde se salue, sembrasse dans un
climat de fête, les blagues fusent tandis que nous observons
cette scène ébahie.
PUNO est située au bord du Lac
TITICACA, ce nest pas une ville passionnante. Elle est
perchée à 3827 mètres daltitude au bord du plus haut lac
navigable du monde. Avec ses 8000 km², cest une véritable
mer intérieure avec de vraies mini tempêtes et de grosses
vagues. Elle se situe dans une région aride mais splendide
battue par les vents, des journées souvent ensoleillées avec un
fond dair frais, des nuits glaciales avec un ciel
fantastiquement étoilé. Il ny a pas de doute, cest
lAltiplano dans toute sa splendeur !.
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