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28 juin 1999 :
Le grand jour arrive, il est 8 h 30, nous prenons le métro jusquà
Down Town pour prendre en main une Dodge Stratus blanche
automatique de classe moyenne. Ceci-dit, elle a le même gabarit
quune laguna. Nous la choisissons avec la clim, ce qui est
obligatoire dans ces contrées chaudes. Nous nous envolons vers
10 heures vers le sud et la route 1 qui descend vers Monterey,
lieu de notre premier stop. Nous déambulons dans Fishermans
Wharf ,autour des nombreux pélicans qui marchent sur les
pontons, et ses boutiques sur pilotis afin de nous restaurer et deffectuer
quelques achats.
La
route qui descend vers LA est dune splendeur à vous couper
le souffle, nous roulons à 65 miles par heure le long du
littoral qui se dessine anarchiquement le long de locéan.
Les quelques plages de sable nous laissent découvrir ensuite une
colonie de phoques venue séchouer sur le rivage. San Luis
Obispo puis Santa Maria, nous dévorons les Miles jusquà
un motel situé à 75 miles de Santa Barbara et 170 de LA. Comme
toujours, je moccupe de la location de la chambre en
marchandant comme il est de rigueur après 17 heure. Nous nous
endormirons bien vite, Los Angeles est déjà là.

29 juin 1999 :
Lexcitation nous réveille à 7 heure, le temps nest
pas réjouissant, mais nous décidons de poursuivre notre
descente vers Santa Barbara. Cest une station balnéaire
renommée qui offre lexemple rare en Californie du sud dune
ville au style architecturale homogène. Suite au séisme
de 1925, la ville fut reconstruite suivant des règles strictes
qui expliquent le charme de son centre. Limportance de la
population étudiante nous pousse à visiter une petite fac (Santa
Barbara city Collège). Nous restons bouche bée devant les
infrastructures et la propreté des locaux. Quand je pense à nos
infrastructures françaises, il reste pas mal de travail... Paso
Nuevo est un centre commercial qui complète une galerie
marchande plus ancienne située de lautre côté de State
Street, mais les prix affichés ne conviennent pas aux deux étudiants
que nous sommes. Santa Barbara ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Le temps nous pousse à nous diriger davantage vers le sud.
Cest sous un soleil radieux que nous débarquons dans la ville de Los Angeles, ici tout est grand, les avenues sont longues de 40 km, les limousines de 10 mètres et les palmiers haut de plus dune dizaine. Formé de 80 villes, lagglomération compte plus de 8,5 millions dhabitants sur une superficie dépassant 1200 km². Mes parents qui visitèrent la ville quelques mois avant mavaient mis en garde par rapport à limmensité de la cité et à la difficulté de se repérer dans les dédales de freeway. Arrivant du nord, nous et avec laide de notre atlas des USA géant, nous nous repérons assez facilement et nous atterrissons tout naturellement à Rodéo Drive qui est sans doute lavenue commerçante la plus luxueuse du monde, celle, en tous cas, fréquentée par le plus de vedettes. Nous ne rencontrons aucun acteur connu dans cette rue mais effectuons un lèche-vitrines attentif devant les boutiques dHermès, Christian Dior ou Gucci tel que le faisait Julia Roberts dans Pretty Woman.

Nous nous dirigeons ensuite vers le Beverly Hôtel et ses jardins afin de se reposer de la journée. La balade entre les bassins majestueux est à limage de la Californie. Cet hôtel, que nous observons de lextérieur accueille toutes les stars du cinéma lors de leurs passages à LA quand elles nhabitent pas Beverly Hills. Il faut noter que sa rénovation na coûté que 100 millions de dollars il y a quelques années.

En évitant le flux incessant de bus à touristes qui sillonnent
les allées de Beverly Hills, nous entamons une visite au feeling
entre les superbes villas. Depuis quen 1920, Mary Pickford
et Douglas Fairbanks firent construire leur maison, Pickfair, au
sommet de Summit Drive, vivre à Beverly Hills est le symbole du
succès pour les professionnels de lindustrie du spectacle.
Sunset Boulevard marque une frontière : ceux qui habitent au sud
ne connaissent pas la misère, mais mieux vaut vivre au nord pour
se voir considéré comme vraiment riche. Les demeures, dont
certaines sont dun luxe ostentatoire, dautres étonnamment
modestes, présentent presque tous les styles architecturaux. La
vue qui surplombe LA est magnifique mais nous nous perdons et une
envie pressante moblige à pisser sur le muret dune
superbe villa. Japprendrai plus tard que cette maison
venait dêtre achetée par Sharon Stone, excusez-moi du peu.
En début de soirée, nous trouvons finalement un hôtel à
Culver City non loin de Downtown pour la modique somme de 40 $
par nuits, nous nous écroulons et préparons la journée de
demain dans une pizzeria.

30 juin 1999 :
Les parcs dattractions aux USA sont très nombreux, nous
pourrions en faire un par jour, cest pour cela quune
grosse sélection est nécessaire. Nous optons pour la visite dun
des plus célèbres : Universal Studios. Carl Laemmle acheta ici
en 1915 un élevage de poulets pour y déménager son studio de
cinéma alors installé à Hollywood. Il offrit au public la
possibilité de venir assister aux tournages pour la somme de 25
cents, voici comment naquirent les studios.
Nous entreprenons les visites des attractions telles que Jurassic
Park où lon traverse en bateau un paysage tropical préhistorique
peuplé de dinosaures amicaux ou féroces avant une glissade
spectaculaire dans leau. Jenchaîne par lAnimal
Actors Stage qui nest autre quune représentation théâtrale
où se mêle une pléiade dacteurs animaliers. Water World
vaut le détour, dans des décors tirés du film de Kevin
Costner, tiens, tiens ... on admire 20 minutes de folles
acrobaties en jetski, dexplosions et de scènes de
batailles. Il y a même un chasseur bombardier qui sécrase
dans leau. Dans le même esprit, nous assistons à la représentation
de Wild Wild West Stunt Show qui est une farce qui met en scène
quelques-uns des meilleurs cascadeurs hollywoodiens et leurs
chevaux. Bagarres de saloons, échanges de coups de feu,
explosions, rien ne manque. La fin est magnifiquement
destructrice.
Laprès-midi se rythme par les animations Back to the
Future ou Backdraft qui met en scène les effets spéciaux utilisés
lors du tournage en 1992 dont les héros étaient des pompiers.
On assiste à un incendie à lintérieur dun entrepôt
dessence où se dégage une chaleur intense.
Nous terminons la visite par le Backplot Tram Tour qui est une promenade à travers les studios qui permettent dadmirer le Bates Motel (Psychose) construit en 1960. On subit ensuite un tremblement de terre, rencontrons king-kong et le requin des Dents de la Mer, nous survivons à lécroulement dun pont, à une crue subite et à une avalanche. Le Hard Rock Café situé dans lenceinte du Park nous incite à boire un drink. Nous rencontrons, attablé avec ses enfants, le célèbre acteur Kevin Costner. Tel un paparazzi, je vole deux photos de lui caché derrière ses lunettes noires. Nous reprenons la freeway à 12 voies vers Culver City.

1 juillet 1999 :
Cest avec beaucoup de regrets que nous entamons notre dernière journée à LA mais dautres espaces nous attendent. Partout dans le monde, le nom dHollywood Boulevard évoque chez les amoureux du cinéma américain une image empreinte de luxe et de gloire. Nous longeons cette rue et slalomons entre les célèbres étoiles de Kim Basinger, Alfred Hitchcok, Michel Jackson ou Harrison Ford jusquà celle de Maryline Monroe. Cette étoile est la plus observée par les touristes. Le boulevard est si propre que lon mangerait par terre, en effet des anonymes ont la responsabilité du nettoyage de chaque étoile. Il y a une liste dattente de plus de 20 ans pour avoir le privilège dêtre « nettoyeur détoile de star ».

Le Manns chinese Theatre est le monument le plus célèbre dHolywood et na guère changé depuis son inauguration en 1927. Son fondateur Grauman eut une idée pour asseoir le prestige de son cinéma : inviter des stars dHollywood à laisser leurs empreintes de pieds et de mains ainsi que leurs signatures, dans la cour du bâtiment. Jen profite pour poser pour la postérité dans les empruntes de Jack Nicholson.

Nous poursuivons, en voiture la route qui mène vers le sud afin de découvrir les fameuses Hollywood hills, collines qui laissent apparaître le célèbre signe aux lettres de 13 mètres de hauteur.

Lappel des courants marins nous pousse à visiter la
fameuse Venice Beach dans la baie de Santa Monica. Nous nous étendons
au soleil avant de se réveiller une heure plus tard rouge comme
des écrevisses. Mû par lambition de déclencher une
renaissance culturelle en Californie du sud, le magnat du tabac
Abbot Kinney décida au début du siècle de construire une
version américaine de Venise. Il perça 11 km de canaux où
circulaient des gondoles et gondoliers le jour de son
inauguration en 1905. Malheureusement, Kinney avait oublié de
prendre en compte les marées dans lélaboration de son
projet et la ville connut dincessants problèmes dégouts.
Depuis sa création, Venice attire artistes et écrivains et de
nombreuses peintures murales ornent ses façades. Des artistes de
rue en tout genre, de lavaleur de sabre à lhomme-orchestre,
sy produisent au milieu dune nuée de roller-skateur.
Muscle Beach, où Arnold Schwarzenegger venait sentraîner
nous attire plus particulièrement avec sa pancarte : ne jetez
pas de nourriture aux fauves. Nous retrouvons ici tous les clichés
de lAmérique avec son chien à casquette étoilée ou son
montreur dara. Nous évitons avec surprise les bouchons
vers 6 heures du soir et nous ne mettons que 1 h pour traverser
LA. La direction de San Diego est prise et nous marquons une étape
à Leucadia à quelques encablures de la ville frontière.

2 juillet 1999 :
Daprès de nombreux voyageurs, San Diego est une ville à forte tendance hispanique, mais sans réel attrait si ce nest le mondialement connu Sea World. Cette cité est un lieu de passage obligatoire pour ceux qui veulent se rendre vers Tijuana, la ville mexicaine frontalière. SD dont nous navons jamais trouvé le centre ville possède un des endroits les plus attractifs de Californie du Sud. Ce parc aquatique na cessé de sétendre depuis son ouverture en 1964 et il occupe désormais une superficie de 60 ha. Il doit son succès à ses spectacles mettant en scène des dauphins et autres orques. « The Shamu adventure » nous offre la possibilité dêtre arrosé mais aussi dadmirer ces superbes créatures. Le spectacle est rodé à la perfection et les quelques 3000 personnes ayant pris place dans lenceinte se régalent à la vue de ces acrobaties. Le spectacle des lions de mer vaut aussi le détour, en effet, un clown rend la réplique à ces animaux parfaitement domestiqués. Nous divaguons entre les parcs des flamants roses, le jardin des tortues ou le fameux tunnel en Plexiglas qui offre une vue effrayante sous les requins. Nous terminons notre visite en caressant les dauphins ou en admirant un spectaculaire show en jet, ski nautique et VTT.

La folie des achats nous pousse à longer la frontière et dévaliser
un « outlet Guess soldant sa marchandise ». Les prix
sont imbattables, même les mexicains sont là.
3 juillet 1999 :
Nous quittons la côte Pacifique pour sorienter vers lest et ses déserts. La chaleur est intense lorsque nous sortons de la voiture. La sensation du vent qui nous fouette le visage sapparente celle dun sèche-cheveux. Les paysages changent dun kilomètre à lautre entre la riche Californie et le désert avec ses stations essence désaffectées. Nous traversons le Joshua Tree National Park, nom donné en 1851 par des mormons. Ce park possède quelques espèces de cactus protégés et notamment larbre de Josué qui peut atteindre 9 m de haut et vivre plus de 1000 ans. Fondé en 1936 pour protéger les bosquets de cette essence rare qui poussent dans laride région montagneuse sétendant à lest de Palm Springs, ce park est paradis pour les randonneurs. Toutefois, le manque de temps nous obligera à passer la visite des mines abandonnées ou de nous intéresser davantage à la flore. La route vers Palm Springs nous laisse admirer la rigueur de la DDE locale. Les routes sont parfaitement droites et un record de 23 miles de route sans virage est dans ma ligne de mire.

Au détour dune dune, nous apercevons une vraie oasis : cest Palm Springs. Les stars en ont fait leur QG durant lhiver, ce nest quà 20 minutes de vol de LA. Son histoire moderne remonte en 1853 où des géographes du gouvernement découvrirent par accident un bosquet de palmiers entourant dans le désert une source deau minérale. La construction du premier hôtel sacheva en 1886 et, au tournant du siècle, la cité est devenue une station thermale animée. Nous déjeunons dans un charmant petit restaurant anglais avec ses nappes à carreaux avant de reprendre la route vers Needles. nous effectuerons plus de 530 km sur des routes à perte de vue mais le temps passe vite avec la musique country...

Nous pouvons respirer dans un Motel 6 de catégorie respectable
avec sa piscine et sa chambre climatisée. Hôtel et la ville
sont comme le paysage : DESERT
4 juillet 1999 :
Le paysage se transforme un peu à lapproche de la frontière
détat de lArizona, du désert, nous passons aux
ranchs. Nous déjeunerons même avec un bison caché derrière un
enclos puis nous empruntons un bout de la mythique route 66 avant
de se réorienter. La flore réapparaît petit à petit pour
laisser place à de grands feuillus et aux montagnes de Sedona.
A 32 km au sud de Flagstaff, sur lUS 89, cette ville où vécut
longtemps Max Ernst est devenue la Mecque du New Age. Lendroit
est hyper branché et attire tous les californiens friqués. Son
ambiance évoque un Lubéron à laméricaine. Le site est réellement
magnifique avec ses boutiques longeant la rue principale et avec
ses rochers rouges qui cernent la ville. Le problème que nous
rencontrons est le prix des chambres. Rien en dessous de 80
dollars. Nous décidons donc de pousser la route jusquà
Flagstaff et le fameux hôtel Monte Vista.
Evoquons tout dabord le climat doux de cette ville daltitude entourée de montagnes boisées. On commence à sentir le froid (on est en Arizona au mois de juillet !!!) et je prends loption de lire le guide du Routard. Je vous lis « Situé dans le vieux centre de Flagstaff, cet hôtel a accueilli John Wayne (cool) et Clark Gable (Class). « Les chambres ont gardé leur décor de 1927 avec détranges miroirs et des meubles qui changent agréablement des motels. Non seulement il a du charme mais de plus il est bon marché ». Je rentre dans hôtel pour réserver deux lits dans un dortoir (16 $). Un vieux joue au piano, tandis quune vieille dors à moitié sur son comptoir, un bâtard croupit à ses pieds, il doit être encore plus vieux que les deux réunis. Il fait sombre et la vieille qui chique me fait « Yeah », je lui réponds poliment, désireux de louer une chambre pour la nuit. Sachant quil est près de 8 heures du soir et quil est impossible de trouver une autre chambre dans la ville (ville la plus proche du Grand Canyon), jopte finalement pour les dortoirs. La literie est propre mais les bois sont recouverts de graffitis à leffigie de je ne sais quels routards. Lambiance est vraiment particulière. A cela, vous devez rajouter que le 4 juillet, cest Independance Day, cest un foutoir sans nom dehors, il est impossible de dormir dans ces conditions. A 23 heures, exaspérés, nous sortons découvrir Flagstaff by night et ses magasins de chapeaux de cow boy, santiagues et autres lassos. On dormira 4 heures.

5 juillet 1999 :
Après lachat dun vrai chapeau de cow boy pour nous mettre à la page, nous entrons dans le Grand Canyon qui se situe à 150 km de Flagstaff. Cest lun des phénomènes géologiques des plus étonnants qui soient. Le Colorado a taillé la roche tendre. Avant 1963, date de construction du barrage de Glen Canyon, le fleuve charriait 500 000 tonnes de sable par jour. Du fait des différences daltitude considérables, cinq des sept grandes zones climatiques se retrouvent le long du Grand Canyon. Nous garons la voiture et nous dirigeons vers le bord de la falaise, le spectacle est saisissant. Tous les reportages, les photos vues dans le but de préparer le voyage ne pouvait nous préparer à un tel panorama. Les couleurs sont rouges, violettes, brunes, grises, le Grand Canyon est devant nous, cest immense. Nous restons pétrifiées durant de longues minutes devant ce spectacle naturel. La descente vers le fond du canyon peut durer deux jours. Par contre, celle jusquau premier niveau, si on peut lappeler ainsi durera deux bonnes heures. Les paysages sont dune couleur intense qui changent au fur et à mesure de la descente. Lobservation des strates nous permet de remonter le temps géologique tandis que nous buvons un de nos deux gallons deau. Nous croisons des guides à cheval qui proposent de nous emmener à Phantom Village, au fond du canyon, toutefois, les prix exorbitants du camping et du cannasson nous refroidissent par cette température supérieure à 40°.

La particularité dune randonnée en canyon est que lon commence par la descente, la remontée sera plus dure et arrivons en fin daprès midi au parking à bout de souffle, deau, de sucre et dhôtels. En effet, nous devons rouler plus de 150 km vers le nord pour trouver un hôtel à Tuba City, un hôtel tenu par une famille indienne en plein milieu du désert arizoniens. La journée restera sans doute un grand moment de ce voyage avec la découverte de limmensité de ce phénomène. Nous nous affalons sur les lits King Size avant de sombrer dans des rêves magnifiques peuplés de couleurs ocre, de chevaux, décureuil et de coucher de soleil.
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