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1 juillet 2002
(160 km) :
Première longue virée vers le nord, en direction du Gunung
Batur, un des trois plus haut volcan en activité de lîle.
Je décolle à 7 heure après un copieux buffet où se mêlent
des noodles, salade de riz et fruits exotiques. Sur la route de
Batur, jassiste à une étrange cérémonie : le bizutage
de plus de 250 garçons pour leur entrée au Lycée. Là-bas, ils
ont encore lieux avec la surveillance de la police locale. Ils
sont regroupés sur un terrain de foot, par couleur et doivent
surmonter des séries dexercices physiques (pompes, abdo,
sprint etc...) en plein soleil. Daprès Kadok, un étudiant
ayant déjà essuyé ces souffrances, ils resteront de 6 heure du
matin à midi, en plein soleil...

Je pénètre maintenant à lintérieur des terres où se succède une forêt luxuriante et petit village que lon dirait déconnecté du monde. Je m'y arrête en quête de nouvelles expériences. Toute la population dun village est réunis dans un temple et prépare la cérémonie qui aura lieu dans une quinzaine de jours. Les femmes saffairent à la préparation des offrandes tandis que les hommes réparent les autels et sculptent des monstres hindouistes.


Jarrive sur Penelokan, jai bien fais de suivre les
conseils du patron de lhôtel, il fait à peine 15° contre
30 sur les côtes. De ce village, on a une vue superbe sur le lac
Batur qui serait protégé par la déesse Ida Betari Dewi Ulun
Danu car il constitue la principale source dirrigation du
centre et de lest de Bali. Je gare ma moto et effectue
l'ascension du Gunung Batur, elle est prévue en 90 minutes par
des sentiers très escarpés, je mettrai finalement 50 minutes
depuis Songan, un village bordant le lac. Larrivée est
surprenante, outre le panorama quil offre, le sommet permet
dobserver des fumerolles provenant du cratère et deux
singes. Je ne sais pas doù ils sortent mais ils ont lair
dêtre heureux. Je rencontre un étrange personnage qui
fait la montée tous les jours avec son sac à dos pour vendre
quelques malheureuses bouteilles deau et de coca. Quand je
lui demande combien de personnes sont venues hier, il me répond
quatre, et les derniers frenchies quil a vu, il me répond
il y a trois semaines ; cet homme a bien du courage.

Je redescends de la montagne... à sac à dos et déjeune un délicieux
poisson grillé fraîchement péché. Il est 15 heures, je vais
faire la visite du Pura Ulun Danu Batur, ce temple est considéré
par les balinais comme le plus important après celui de Besakih
car il est dédié à la déesse du lac. Après léruption
de 1926, les vestiges de neuf sanctuaires précédents ont servis
à sa reconstruction au bord de la caldeira. Le temps est brumeux
et ne me laisse donc peu le loisir den profiter au maximum.

Sur le chemin du retour, jai la chance dassister à une petite crémation réunissant une centaine de personnes. Le corps est en effet brûlé dans un cercueil de bambou afin de libérer son âme vers les cieux. Les occidentaux sont conviés à la fête, et les balinais me poussent juste devant le bûcher pour mieux voir. Ici, un décès est une fête.

2 juillet 2002
(85 km) :
Journée de récupération et donc peu de route au programme, je
profite donc de la matinée pour me balader dans le Pasar Burung
: le marché aux oiseaux où retentissent des trilles poussés
par des chanteurs plumés. Ils peuvent atteindre des prix très
élevés tant les balinais apprécient leurs vocalises. A vrai
dire, les cages sont bien plus jolies que les oiseaux eux-mêmes
et la vision des bébés singes attachés par le cou à une chaîne
me laisse perplexe quant à la durée de vie de ces sympathiques
bêtes.

Je poursuis ma visite de Denpasar par lArt Center dont cest
le festival annuel. Lart pictural balinais minspire
très peu, je trouve même ça carrément vilain. Jassiste
malgré tout à un concert de musique traditionnel. Le Pura Sada
de Kapal est un autre temple à lextérieur de Denpasar qui
doit être assez intéressant, malheureusement, il est en réfection.
Son méru de 11 étages fut détruit par le tremblement de terre
de 1917, il a été restauré dans les années 50 sous la
direction darchéologues indonésiens. Ce méru de pierre
appelé prasada est un monument très rare à Bali, il est haut
de 16 mètres.
Ma journée culturelle senchaîne à Mengwi et le Pura
Taman Ayun. Les descendants des rois de Mengwi entretiennent
toujours ce vaste sanctuaire détat fondé au XVII ème siècle
et restauré en 1937. Contrairement à la majorité des temples
de lîle, il nest pas orienté vers le Gunung Agung
mais vers le Gunung Batukau. Au centre dun bassin sur
lequel il parait flotter, le temple du vaste jardin symbolise lunivers
hindou. Certains des autels et des mérus de la cour intérieure
représentent les montagnes les plus sacrées de Bali et des
temples dune grande importance rituelle. Les dévots
peuvent venir faire leurs offrandes à ces répliques sans avoir
à se déplacer jusquà loriginal. Lespace quoffre
ce temple permet dapprécier au mieux la porte et la partie
sacrée du temple. Le tour du jardin permet dadmirer au
mieux la beauté des constructions. Il reste pour moi un des
coups de coeur de ce voyage avec Bedugul.

Je prends la direction du temple de Tanah Lot mais je fais une
pause dans un petit village ou jai le loisir de discuter
avec un sage en plein préparatif religieux. Il me fait goûter
les petites brochettes de viande hachée qui serviront de repas
aux fêtards.

Tanah Lot est un temple que les agences de voyage ont propulsé
comme un site des plus touristique. Au début du XX ème siècle,
le rocher était encore accessible à pied. Aujourdhui, il
ne lest quà marée basse, des renforts en béton
sont coulés pour lutter contre lérosion, cela gâche un
peu le paysage. Le nombre incroyable de visiteurs me dérange, javais
pris lhabitude de discuter avec les gardiens, de prendre
mon temps etc... Ici, les touristes arrivent pour le coucher de
soleil et repartent instantanément vers leurs hôtels, ça me dégoûte,
je rentre avant la nuit. De toute façon, il y a trop de monde
pour en profiter...

3 juillet 2002 (151) :
Je reste un peu sur ma fin quant à ma visite culturelle dhier,
cest pour cela, que je décide de me diriger vers la
Province de Bangli. Suite à un stop obligatoire pour un contrôle
de papier, puis par une cérémonie en pleine forêt, jarrive
enfin au Pura Kehen. Ce temple, entouré dune végétation
luxuriante fut fondé au Xi ème siècle. Il sétage à
flanc de colline sur huit terrasses. La première cour renferme
un immense banian dont les branches abritent un kulkul presque
invisible contenant le tambour dappel aux prières. De
belles statues bordent lescalier qui conduit au sanctuaire
intérieur dont le méru à 11 étages est dédié au Dieu du Feu.
Je profite des boutiques aux alentours pour investir dans un
superbe masque qui a maintenant investi mon appartement.

Quelques pleins dessence et ça roule vers les hauteurs et
Besakih. Sur les pentes du Gunung Agung, le volcan le plus haut
et le plus sacré de Bali, le « temple mère » se
compose de 22 sanctuaires qui occupe une superficie de plus de 3
km². La tradition attribue sa fondation au VIII ème siècle au
sage Rsi Markandya. Le monument devint ensuite temple détat
du Royaume de Klungkung où seuls les membres de la cour
pouvaient participer aux rites. Ravagé par le tremblement de
terre de 1917, puis restauré, il subit de nouveaux dégâts lors
de léruption de 1963. Une fervente animation y règne tous
les jours mais le mauvais temps ne me permet pas dimmortaliser
la puissance de ce site. Toutefois, la descente vers le parking
est plaisante car la montée dun ou deux kilomètres à
flanc de colline fut épuisante. Il faut noter que cela a ouvert
un nouveau business, en effet, des motards proposent demmener
les gens sur leurs engins contre petite participation, ce jour-ci,
ils étaient 15 au moins.
Le retour vers les mers me donne à nouveau le plaisir denfiler
les lunettes de soleil avant de faire halte au temple de
Klungkung (le Taman Gili). Lorsquils prirent la ville en
1908, après un sanglant « puputan », les hollandais
dévastèrent le puri Semarapura, le palais du Dieu de lAmour
construit au début du XVIII ème siècle. De ce vaste complexe
en forme de mandala ne subsiste aujourdhui quune
porte et le Taman Gili, littéralement le jardin de lîle.
Il renferme deux grands pavillons ouverts. Le Bale Kambang, le
pavillon flottant; sélève au dessus dun bassin
ornemental. Il servait de lieu de réception et de détente. Le
Kerta Gosa abritait le tribunal chargé de résoudre les cas délicats.
Tous deux possèdent des plafonds peints de style « wayang »
pour les initiés.
4 juillet 2002 (106 km) :
Je me dirige, ce matin vers Ubud, au bord des routes, la vie suit
son cours, ici les balinais lavent leurs linges dans la rivière,
la, des boeufs aident à la culture du riz, des cochons sont
tenus en laisse. A quelques minutes dUbud, jentreprends
la visite dune usine de bambous. Le patron me présente ses
employés et ses produits avant de me demander « holiday or
business ». Ses employés sont au nombre de 40 et
travaillent sur une surface dà peine 50 mètres carrés.
Pourtant les produits finis sont de bonnes qualités (je
retrouverai les mêmes sur Dijon). Le marché dUbud propose
les mêmes produits quailleurs mais à des prix nettement
plus élevés. Cette ville est considérée comme la ville
artistique de lîle.

Je visite ensuite la Monkey Forrest. Au terme dune des
grandes rues du centre, la réserve naturelle de la forêt des
singes sert de terrain daventures à trois bandes de
macaques. Mieux vaut suivre les avertissements qui recommandent
de ne pas les nourrir. Au centre de la réserve, je découvre le
« temple des morts » à la décoration de
circonstance. Son cimetière sert de lieu de repos dans lattente
dune crémation.
Jenchaîne sur Pejeng et le Pura Penataran Sasih, à 2 km
au nord. Ce temple doit son renom à la « lune de
Pejeng », un gong de bronze haut de 186 cm. Son origine, très
ancienne est inconnue. Les visiteurs ne peuvent en approcher et
le guide minvite à grimper sur un socle pour mieux lapercevoir.
Ses figures géométriques sont difficilement visibles. Tout en
discutant, il mapprend une énorme crémation aura lieu le
lendemain dans un village reculé voisin. Le RDV est pris pour 11
heures le lendemain matin..

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