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6 juillet 1999 :

         Mon dieu, que le réveil est difficile, un café et nous reprenons la route vers un autre grand park, une vraie merveille, un monument Naturel, je veux parler de Monument Valley. De nombreux westerns furent tournés dans ce décor grandiose tels la Chevauchée Fantastique ou Rio Grande avec en toile de fonds ces immenses pitons rocheux pouvant atteindre 300 à 400 mètres de haut. Ce park qui ne rentre pas dans la série des parcs nationaux américains est entièrement gérés par des indiens, il se situe sur la frontière entre l’Arizona et l’Utah. La vallée est donc peuplée de Navajos qui vivent de l’agriculture et de l’élevage de moutons ainsi que de la vente d’objets artisanaux tels des colliers ou autres petits bijoux. Ils habitent encore, à la manière de leurs ancêtres, dans des hogans en bois, brindilles et argile, accomplissent leur travail quotidien selon les traditions ancestrales, participent aux rites perpétués par le sorcier et pratiquent l’art des tableaux de sable. C’est un réel plaisir de sillonner ces pistes de sable au milieu de ces roches qui évoquent en moi les vieilles cassettes de mon grand père. Je mets le lecteur en marche, pas un nuage, je me coiffe de mon chapeau, Enio Moriccone retentit au son de l’harmonica, il était une fois benoit dans l’ouest....

              

         Après avoir effectué le tour du parc (2 à 3 heures minimum), marché entre les « three sisters » (phénomène géologique rare), nous empruntons la même route que Forrest Gump et faisons un stop solennel à l’endroit même où il se décide « d’arrêter de courir ». Le point de vue est magnifique, le soleil va se coucher dans quelques heures mais nous sommes déjà repartis vers notre prochain hôtel situé à Monticello (le Canyonlands Motor Inn) tenue par un charmant couple. Nous y séjournerons deux nuits. Après quelques courses, nous effectuons notre sport quotidien (aqua gym ce soir) avant de se diriger vers notre carnet de route et nos guides.

 

 

7 juillet 1999 :

         Les parcs naturels de l’ouest sont vraiment uniques au monde, nous en ferons une fois de plus l’expérience avec l’Arches Park (le point le plus éloigné de notre lieu de départ). Il mérite vraiment sa visite, on y trouve le plus grand nombre d’arc naturel et autres formations rocheuses dues à l’érosion par le vent, les rivières et le gel. Spielberg y a tourné des scènes de « La Dernière Croisade » avec le sympathique Indy ainsi que certaines scènes de « Thelma et Louise ». Notre premier stop s’effectue non loin de « Balanced Rock » au nom évocateur, puis nous nous enfonçons vers « Windows section » où l’on trouve deux arches pratiquement similaires les unes à cotés des autres. Toutefois, le clou du spectacle se situe à une heure de marche en suivant la route vers Delicate Arch. Ce sera sans doute mon coup de coeur, on y découvre une arche majestueuse posée littéralement dans un cirque de roche rose. La vue est splendide, nous y resterons plus d’une heure. La Landscape Arch mérite aussi le détour puisque c’est la plus longue arche naturelle du monde. Elle est haute de 32 m et mesure 89 m de long. Il est interdit de marcher à cents mètres à la ronde de ce monument car les vibrations peuvent, à tout moment, faire s’effondrer le joyau.

           

 

8 juillet 1999 :

         Notre deuxième nuit hôtel à Monticello et nous reprenons la route vers l’ouest d’autres curiosités tel que Natural Bridge, Glen Canyon mais surtout le lac Powell. Le spectacle de ces énormes falaises rouges qui tombent dans le lac vaut le coup d’oeil même si le temps est couvert en ce début d’après midi. Nous déjeunons, les pieds dans le vide à quelques centaines de mètres au dessus du lac, la vue est royale.

         La route nous conduit tout naturellement vers Capitol Reef qui n’est certainement pas le parc le plus spectaculaire de l’ouest américain. Il reste toutefois celui le plus sauvage et le moins aménagé, on y découvre des gravures rupestres au détour de routes sinueuses qui nous baladent dans des paysages désertiques sur fond de dômes massifs. Il ne nous laissera pas de souvenirs impérissables.

 

9 juillet 1999 :

         Les paysages changent du tout au tout, nous passons d’une terre aride à un paysage alpin avec ses grands conifères et ses vaches sur la route. Le Bryce Canyon restera une très belle découverte et un parc à ne pas manquer. En fait, ce n’est pas vraiment un canyon (il est bien moins profond que le Grand), mais un plateau calcaire dont l’érosion a crée des colonnes rocheuses d’une étonnante gamme de couleur allant de l’orange au rouge profond. Le panorama est très différent des autres parcs. Cette dentelle que l’on peut apercevoir du haut des routes provient de la mer qui, quand elle se retira, laissa des pics en forme de bougie. Ce parc abonde d tamias petit écureuil que nous appellerons des « tic et tac ». Ils mangent abondamment mais sont bien plus peureux que leurs homologues d’Arizona. Nous déambulons sur les petits sentiers qui nous laissent découvrir des panoramas lunaires sur fond de chaudes couleurs.

          

 

 

10 juillet 1999 :

         La route qui nous mène à Las Vegas nous fait découvrir d’autres endroits insolites tels que Zion National Park. C’est un endroit isolé et difficile d’accès qui en fait un lieu peu touristique. Il était autrefois le refuge des mormons qui fuyaient la persécution. Les couleurs de roches que l’on rencontre au gré des virages sont beige, rose, orange, les formes ne sont pas en reste avec ses cheminées, blocs suspendus, dômes mais l’animation est bien autour de la voiture. Nous cédons le passage à un cerf qui nous regarde avant de faire demi-tour et de venir nous interroger. Une feuille à la bouche, il se permet même de passer la tête à l’intérieur de l’habitacle à la recherche de je ne sais quelle nourriture. Il repartira, chemin faisant, à la recherche de ses compères.

      

         Nous poursuivons notre route vers l’ouest, j’arrête la voiture sur la freeway afin de poser sous le panneau « Welcome to Nevada, 125 years of vision ». Nous hésitons à rejoindre Vegas pour ce soir car les prix des chambres sont doublés, voir triplés le week-end, nous ferons escale jusqu’à lundi à Mesquite, une autre ville vouée au jeu. Nous trouvons facilement  à nous loger au Virgin River, un petit hôtel avec ses 600 chambres et 4 piscines, 2 cinémas. La VONST de Wild Wild West nous laisse de marbre, le film est tout simplement nul mais l’expérience d’un ciné aux States vaut le détour. Ils se sentent obligés de vivre les mêmes expériences que les acteurs, par conséquent, les spectateurs, crient, hurlent parfois, mangent des kilos de pop corn et commentent le film. Nous terminons la soirée au casino à claquer quelques cents.

    

 

11 juillet 1999 :

carte las vegas.gif (29187 octets)

         Las Vegas est en vue 50 km après notre entrée dans l’état. C’est une ville bien particulière qui s’étire le long du strip (pour les hôtels). Cette ville est comme plantée dans le désert, je ne sais pas pourquoi les américains décidèrent de planter un tel décor dans ce désert mais ils devaient avoir une bonne raison... les indiens peut être. Il est près de midi et une petite faim nous arrêter au pied du « Mandala Bay », un hôtel de luxe, nous réserverons notre chambre pour la nuit dans un petit motel de l’autre coté de la rue avant de s’enfourner un buffet de compet dans le buffet. Pour 5 dollars, des kilomètres de bouffe nous tendent les bras, mais ici, pas de doggy bag, si tu ne finis pas, tu jettes, pas le droit d’emmener, forbidden...

         Les villes frontalières d’état à état offrent souvent l’opportunité de bonnes affaires. Nous dépouillons donc les outlets de Jean à « Jean » (la ville). Nous retrouvons Vegas par la grande porte, c’est-à-dire by night et par le strip. Nous déambulerons toute la nuit de casino en casino (Excalibur, New York, MGM, Monte Carlo, Bellagio, Caesar, Flamingo, Luxor en vrac) à la recherche des « Bucket » (petit sceau en plastique à l’effigie des hôtels) et des poussées d’adrénaline. Nous ramènerons une cinquantaine de sceaux différents au grand dam de mes parents qui doivent se les coltiner dans leur maison. Le Bellagio nous sourit, nous gagnons 50 pièces de 5 cents soit la somme effrayante de 2 euros et demi. Un videur vient me voir afin de me soumettre à un contrôle d’ID. N’étant pas majeur (à 20 ans), je feins d’avoir oublié mon passeport dans ma suite du Caesar, je lui propose de voir ce problèmes administratifs avec mon chauffeur qui m’attend devant hôtel. En m’observant avec attention des pieds à la tête, il me propose tout naturellement de prendre la porte, ce que nous faisons sans hésiter avec notre magot.

  

         A Vegas, il est vraiment difficile de perdre de l’argent quand on est petit joueur comme nous. En deux jours, nous nous retrouverons même avec un solde  positif, la chance ou le nez, seul Dieu le sait...

         Il est 4 heures, on a marché plus de 15 bornes, on rentre se coucher.

12 juillet 1999 :

         C’est avec le jour que nous nous levons, nous partons à la conquête de Las Vegas que nous longeons à pied sous un soleil qui se fait attendre. Il est vrai que Vegas, de jour, est un peu moins beau, toutefois, la finition des hôtels, des décors est d’une grande précision. Nous effectuons des achats au pied du Mirage dans un des plus beau  Planet Holywood qui soit. Le Paris est en cours de construction, on peut déjà distinguer la Tour Eiffel, l’Arc de triomphe ou l’opéra. Après avoir abusé d’un énorme buffet le long de l’artère principale, nous plions bagages pour prendre en main notre chambre au Louxor. Le hall de cet hôtel est immense et haut de plus de 60 mètres. Il y a des machines à sous partout entre les palmiers et les copies d’oeuvres égyptiennes. Nous avons la chambre 17060 au 17 ème étage. La pièce donne sur une belle baie vitrée. La vue sur le reste de Vegas et la piscine de l'hôtel est impressionnante. Tout est fait pour que les visiteurs soient plongés dans un monde pharaonique (meubles, frises, tapisseries moquette où s’inscrit des phrases en hiéroglyphes). Dormir dans un grand hôtel à Vegas est un truc à ne pas manquer car ce n’est pas excessivement chère en semaine (55 dollars). Nous passerons la nuit dans les casinos et à regarder les 25 premières pellicules de notre périple.

 

  

13 juillet 1999 :

         Nous devons reprendre la route vers la Californie en longeant une dernière fois les grands hôtels tels que Stardust, Treasure Island ou Venetian. La journée est maussade et nous laisse de mauvaises surprises pour la Death Valley National Park.

         Il y règne, généralement, en été, la température moyenne la plus élevée de la planète. Ce phénomène est dû aux hautes montagnes qui enserrent cet ancien lac où se trouve le point le plus bas des Ameriques. Les cimes acérées de l’ouest qui barrent toutes accès aux influences océanes, s’élèvent jusqu’à 3350 mètres. Ces conditions climatiques rendent la Death Valley inhospitalière en toute saison, mais les teintes prises par ses rochers dénudés et les paysages lunaires qu’y créent les plaques de sel, les dunes, les canyons et de délicates formations géologiques en ont fait un grand pôle touristique. Toutefois, nous rencontrons la pluie et des torrents de boue sur les routes qui le traverse. Nous prenons le temps de faire une pause à Badwater, le fameux point le plus bas des Amériques (-86 m) nous laisse peu le temps de souffler, il fait plus de 50°. Il est possible, sans l’avoir testé de cuire un oeuf sur une pierre (le sol peut atteindre 75°). Nous sommes des veinards puisque certains guides écrivent « la pluie, extrêmement rare, tombe sous forme d’orages torrentiels » et c’est ce que nous vivons...

         Cette boue me pousse à rouler dans les flaques et donc à dégeulasser la voiture, une prise de bec plus tard et me voila abandonner à Furnace Creek. Madame étant désireuse d’avoir le monopole de la conduite s’en est allée. Elle décida, toutefois de revenir me chercher après quelques minutes... Ce park est très vaste et ne nous laissera que peu de souvenirs visuels extraordinaires. Je pense toutefois qu’une visite plus profonde peut faire découvrir de nombreux vestiges intéressants.

 

14 juillet 1999 :

         Le Séquoia National Park restera pour moi un véritable enchantement de par l’atmosphère qui y règne. Il protège au coeur de la Sierra Nevada une faune d’une richesse exceptionnelle et 34 forêts distinctes de séquoias géants. Ces arbres d’une beauté et d’une tenue imposante nous ridiculisent par leurs tailles et leurs statures. Le Général Sherman Tree est la plus volumineuse forme vivante du monde avec ses 84 m de haut et ses 11 m de large à la base. Il continue de pousser d’un centimètre tous les dix ans. La balade entre les souches, les petits musées consacrées à l’histoire des séquoias, nous apprend que celles-ci résistent aux pourrissements. Certains bûcherons en laissèrent il y a plus de 150 ans, elles sont toujours là.

      

         Pour notre dernière nuit à l’extérieur de San Francisco, nous dormons au Séquoia Motel de Fresno. Nous en profiterons pour jouer aux jeux vidéos et se casser le ventre à coup de pizzas.

 

15 juillet 1999 :

         Notre dernier parc et non des moindre est le Yosemite National Park, le plus ancien parc américain fondé par un décret d’Abraham Lincoln en 1864. Il est d’une superficie de plus de 3000 m² et protège entre 600 et 3900 m d’altitude un magnifique espace naturel où forêts de séquoias, cascades, prairies de montagne, parois de granit et gorges encaissées composent des paysages d’une grande variété. La plupart ne sont accessibles qu’à pied ou à cheval malgré les 320 km de routes qui sillonnent le parc. Nous consacrons une pleine journée à rouler le long de la Merced River où l’on pêche la truite. Le half Dome qui domine de plus de 1500 m le fond de la vallée est le symbole du parc. Il parait qu’il faut prendre le sentier qui monte en haut de ce rocher, le panorama est sans égal, le manque de temps nous l’interdit. Les Yosemite, Vernal et Nevada fall sont d’une grande beauté. Il faudrait rester plus de trois jours pour en profiter pleinement, les campings sont là pour accueillir les touristes. 

      

         Nous rentrons sur San Francisco où nous empruntons un des ponts qui surplombent la baie. La vue est magnifique et les retrouvailles chaleureuses. Nous resterons encore deux jours pour profiter de nos amis, de la ville et pour préparer le retour... chargé comme des mulets. La boucle est bouclée, le circuit du grand ouest doit être fait une fois dans une vie....

Pour poursuivre...  

 

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