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La Corse du 1er juillet au 14 juillet 2001

Quatrième île de la Méditerranée par la taille, la Corse
conserve avec les pierres dressées à visage humain de Filitosa,
proches de celles des Cyclades, les témoins dune
civilisation mégalithique importante à partir du troisième
millénaire. Succédant à la présence romaine, les républiques
de Pise et de Gênes vont se disputer la possession de lîle.
La première lui a légué ses belles églises romanes, la
seconde, qui régna près de cinq siècles, les villes-citadelles,
patrimoine baroque, ainsi que ses tours solitaires qui hantent
encore les rivages.
A plusieurs reprises, les Corses tenteront de reprendre en main
leur destin : lutte de Sempiero Corso (1564), guerre de quarante
ans (1729 - 1769) qui se traduit par une courte indépendance de
treize années sous lautorité de Pascal Paoli. Gênes
sollicite alors le concours de la France, puis décide de lui céder
ses droits sur la Corse. Le 8 mai 1769, à lissue de la
bataille de Ponte Nuovo, la Corse est unie à la France.
Le XIXème siècle lui sera favorable, mais la Première Guerre
mondiale puis les départs la privent dune population jeune
qui lui aurait sans doute permis de se moderniser.
En 1974, la Corse est organisée en deux départements : la Haute-Corse
et la Corse du sud.
1 juillet 2001 :
Je décide de visiter la Corse du sud sans grande préparation du
1 au 14 juillet 2001. Nous prenons donc un vol de Strasbourg (via
Montpellier) à Figari, aéroport perdu en pleine cambrousse. Ma
première impression menchante avec une odeur de maquis et
une chaleur méditerranéenne vraiment supportable. Nous décidons
de parcourir le sud en stop et à pied pour rencontrer une
population originale dans les petites communes perdues de lîle.
Après 5 minutes dattente, nous somme pris par une
habitante de Figari village qui nous emmène jusquau
premier hameau. Le stop savérera être un très bon moyen
pour se déplacer. Les chauffeurs, quils soient Corse ou en
vacances ne rechigneront jamais à prendre deux jeunes à sac à
dos. Nous décidons de planter la tente à Porto Vecchio, une
ville située au fond dun vaste golfe très découpé et très
fermé. Cest une station balnéaire en pleine expansion et
la principale localité de la côte orientale après Bastia. Le
choix de cette cité fut dicté par lenvie de profiter de
la plage mais aussi car elle est le point de départ de la
randonnée Mare à Mare sud qui traverse toute lîle jusquà
Propriano.
Nous profitons de la soirée, resto, cartes postales et plantons
la tente dans un camping bien sympathique (chez Maria) dans une
obscurité totale.
2 juillet 2001 :
Réveil matinal pour un départ tranquille, nous longeons lasphalte,
rencontrons une tortue sauvage au détour dun méandre et débutons
lascension dans une chaleur intense, sur une paroi qui ne
laisse apercevoir que le sentier mais aucune partie ombragée.
900 mètres de dénivelés plus tard et 5 heures de marche, nous
rallions lOspédale, un village qui laisse apercevoir le
golf de Porto mais aussi la Sardaigne. Un coka et une balade dans
un hameau, constitué de chalets et de villas disséminés au
beau milieu des rochers et des pins, nous emmène vers son cardan
solaire composé de granit. Nous achetons fromages, pain,
charcuterie et bouteilles deau avant de repartir en stop
vers un superbe terrain de campement sous de hauts pins à
quelques centaines de mètres de Zonza, nous y dormirons deux
nuits.
3 juillet 2001 :
Zonza est bâti en terrasses à une altitude de 784 m au-dessus
de la vallée de lAsinao au milieu des châtaigniers, des
chênes verts à la croisée ditinéraires touristiques réputés
: au nord, la route de Quenza et Aullène, et celle de Bavella ;
au sud, la route de lAlta Roocca riche en préhistoire. La
place centrale est ombragée de tilleuls. Léglise Ste-Marie,
bâtie au siècle dernier en style néogothique étonne par son
importance ; son clocher est orné dun bel appareil en
blocs de granit taillé.
Nous prenons la route de Quenza à pied puis en stop. Ce hameau
laisse une vue imprenable sur les aiguilles de Bavella, nous déambulerons
dans son cimetière, cimetières qui en Corse ont toujours un
panorama exceptionnel. De Quenza, nous tentons de rallier Aullène,
un couple de parisiens nous prendra quelques minutes plus tard et
nous dépose devant léglise paroissiale du village. Elle
renferme de belles boiseries rustiques dans le choeur et une
chaire du 17ème siècle. Ces villages sont trop souvent délaissés
par les touristes au profit des stations balnéaires.
La balade se poursuit dans un climat de stress, en effet, en
direction de Levie, aucune voiture ne se dessine à lhorizon
et nous venons de descendre quelques kilomètres à pied sur une
route juste assez large pour faire passer une voiture. Après 45
minutes dattente (la plus longue du séjour), un cycliste
nous sourit en terminant sa montée tandis que la voiture
salvatrice approche... ce sont les parisiens qui se font un
plaisir de nous prendre à nouveau. Nous finirons notre circuit
avec eux jusquau camping en passant notamment par un pont génois.
Une halte dans les bassins deau douce simpose afin de
se rafraîchir, nous échangeons nos premières impressions sur
la Corse et poursuivions par Ste-Lucie de Tallano et son moulin
à huile. Nous retrouvons notre camping et dégustons les
traditionnels fromages corse et sa charcuterie, quel délice...
4 juillet 2001 :
Nous décidons de partir très tôt le matin afin, dune
part éviter les grandes chaleurs de la mi-journée, et dautre
part de rallier la station balnéaire dAjaccio. Après
quelques minutes dattente à Zonza, un black en vadrouille
et son chien nous prend dans sa vieille bagnole, il nous déposera
devant lhôtel de ville en début daprès-midi. Nous
déambulons dans le centre à la recherche dun logement. Loffice
du tourisme nous indique un camping à deux pas dune
superbe plage, nous y séjournerons quatre nuits.

Reflétant les couleurs du jour et du temps, le golfe dAjaccio
est un spectacle permanent, si lon fait abstraction des
grands immeubles blancs qui dominent le site. La vieille cité
impériale est restée assez fidèle à limage dune
époque où le jeune Napoléon venait jouer dans la grotte de la
place dAustériltz. Nous passerons laprès-midi soirée
sur le vieux port, la soirée sur la plage Scudo (sur la route
des îles sanguinaires).
5 juillet 2001 :
La journée est consacrée au farniente de la plage de Capo Di
Feno. Nous dévalons les montées et descente dun sentier
longeant les criques des îles sanguinaires. Ces îlots ont
conservé leurs physionomies mais on ny voit plus daigles,
de chèvres sauvages ni de petits chevaux. Nous passons laprès-midi
en alternant mer, bronzage, et drink au bar. On se requinque
comme on peu après une longue marche. Nous reviendrons à
Ajaccio en stop dans une voiture de surfeurs complètement cinglés
à la conduite de Colin Mac Rae. Nous terminons la soirée sur le
port à labrit des cinq mats et des bateaux de plaisance.
Cet endroit minspire beaucoup car il regorge de vieux
bateaux soigneusement entretenus.
6 juillet 2001 :
Repos, château de sable et shopping rythme notre journée.

7 juillet 2001 :
Nous profitons de cette belle journée (comme les autres dailleurs)
pour visiter la Maison Bonaparte, où le futur empereur naquit et
passa ses premières années. Elle rassemble des portraits de
famille, des meubles de la fin du XVIIIème siècle, ainsi que
différents souvenirs de lépoque napoléonienne. Cette
maison fut occupée pendant un temps par Hudson Lowe, la famille
Bonaparte ayant dû quitter lîle en 1793 après un soulèvement
indépendantiste. Cest ce même Hudson Lowe qui sera le geôlier
de lEmpereur à Ste-Hélène.
8 juillet 2001 :
Nous quittons cette magnifique ville avec un peu de regret pour
poursuivre vers le sud et Campomoro. Un petit bois deucalyptus
précède ce village attachant, joliment situé au fond dune
anse bien abritée par la pointe de Campomoro. Une belle plage de
sable, quelques barques de pêche complètent ce décor. Nous dînerons
avec un coucher de soleil dans le seul resto de la commune après
avoir laborieusement planté notre tente.
9 juillet 2001 :
La balade à lextrémité du village, au-delà de la
plage mérite sa demi-heure de marche. En effet, la massive tour
génoise (la plus imposante de lîle) se dresse au-dessus
de la mer. Construite au XVI ème siècle, elle possède de
belles murailles qui lentourent. Lenceinte, munie de
bouches à feu, est couronnée dun chemin de ronde. Sa récente
restauration permet daccéder facilement à la porte
principale par un escalier extérieur, on découvre
successivement la salle de séjour avec ses réserves puis le
panorama offert depuis la plate-forme supérieure. La superbe
plage se sable et de rocher est un lieu propice aux photos de
curiosité naturelle.
10 juillet 2001 :
Nous sommes obligés de passer par Propriano, une station balnéaire
sans grand intérêt pour accéder à Sartène qui est une petite
ville médiévale fortifiée et qui fut fondée par les Génois
au début du XVI ème siècle. Elle a eut à subir les nombreuses
attaques des corsaires barbaresques. Son architecture résume lhabitation
corse dans ce quelle a de sévère et de rude. Les marchés
sont propices au ravitaillement en melon, charcuterie et pains,
nous devrions arriver sur Bonifacio dans la nuit. Effectivement,
après plusieurs relais et une pause baignade sur le flanc ouest
de lîle, nous débarquons sur cette ville très
touristique. Nous trouvons facilement un camping à prix modéré
et bien situé. Nous nous baladons dans les magasins ouverts
jusquà 22 heures avant de se coucher dans notre tente qui
commence à « avoir de la gueule ».
11 juillet 2001 :
Isolée à la pointe sud de lîle, Bonifacio se niche au
fond dun extraordinaire fjord encaissé entre des falaises
blanches. Avec ses cafés, restaurants à langoustes et
boutiques, cest le point de rencontre des touristes qui sembarquent
pour les grottes marines (comme nous), larchipel des
Lavezzi ou la Sardaigne. De la marina, une vieille rampe monte à
la ville haute. Cest un quadrillage de rues serrées, sanglée
dans ses murailles génoises du XIII ème siècle. Les vues sur
le large et la Sardaigne toute proche sont saisissantes. On ira
jusquà la place Manichella pour découvrir les vieilles
maisons accrochées au bord de la proue rocheuse.
Comme tout touriste qui se respectent, nous embarquons pour la
traditionnelle promenade en mer. La sortie du port par le goulet
permet dapprécier limportance des remparts qui
sanglent la vieille cité. Contournant le phare de la Madonetta,
la vedette aborde les Bouches de Bonifacio et pénètre dans la
grotte du Sdragonato. La voûte de cette grotte est percée dune
figure qui représente, renversée, la silhouette de la Corse et
laisse filtrer le soleil. Les reflets de lumière sur les rochers
nempêcheront pas une parisienne de vomir sur mon voisin.
Le bateau revient vers Bonifacio, passe au large de la grotte de
St-Antoine avant de contourner la pointe de la presquîle,
marquée par un rocher surnommé le « Gouvernail de la
Corse ». Il longe alors les falaises calcaires, à strates
horizontales, hautes de 60 à 90 mètres, où lon aperçoit
le fameux escalier du roi dAragon qui aurait été
construit, selon la légende, en une nuit. On découvre ensuite
le site spectaculaire de la vieille ville dont les maisons sont
édifiées à laplomb de la falaise. Le bateau fait ensuite
demi-tour à hauteur du « grain de sable », gros bloc
calcaire détaché de la falaise, il y a 800 ans. Il avance dun
centimètre par an vers la Sardaigne.

Une pizza avalée au U Castille et nous repartons en croisade
vers le sentier qui longe le grain de sable et qui se dirige vers
un phare. Le panorama me coupe le souffle, mon appareil photo ne
respire plus. Nous profitons de la soirée pour bavarder avec un
ancien espion (selon lui) dans une boucherie où je marche tête
baissée pour ne pas cogner les saucisses et autres jambons
pendant.
12 juillet 2001 :
On range la tente, on en aura pas besoin pour la nuit prochaine
puisque nous décidons de dormir à la belle étoile sur la plage
de Palombaggia. Cest sans conteste la plus belle plage de Méditerranée.
Elle na rien à envier aux plus belles plages des caraïbes.
Je passe laprès-midi dans une piscine de 2000 km de long.
Le coucher de soleil rafraîchit un peu les esprits et nous nous
endormons tous les deux...
13 juillet 2001 :
Nous nous réveillons vers 5 heure du mat avec deux nouveaux
compagnons canins, la plage est déserte, nous profitons des
derniers moments de tranquillité pour une « petite tête »
avant de plier bagages. Nous repartons vers Porto Vecchio où
nous attendent des amis. Nous resterons avec eux dans un camping
à Ste-Lucie de Porto Vecchio jusquau 15 juillet.
Le voyage se termine bien, assez crevé mais prêt pour rattaquer
une saison qui sannonce trépidante.
Livre d'Or
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