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Bali du 27 juin au 9 juillet 2002

Bali occupe le centre de l'archipel indonésien, longue chaîne d'îles qui s'étend de l'océan indien au Pacifique. Cette île située à un carrefour des anciennes routes commerciales entre l'Europe, le Moyen Orient, l'Inde et la Chine, a subi les influences de nombreuses civilisations. Bali constitue une province de la République d'Indonésie, devenue une démocratie en 1999 après une longue période de dictature, et a pour capitale Denpasar. Les habitants de cette île forment une société principalement rurale malgré l'urbanisation que connaît le sud de Bali depuis les années 80.
Les balinais hindouistes et les diverses minorités avec lesquelles ils cohabitent attachent une grande importance aux questions communautaires, en particulier à l'harmonie sociale.
La structure de base de la société balinaise est le village. Il constitue une communauté religieuse soudée, organisée autour de temples où chacun est tenu de participer aux cérémonies. La pratique religieuse s'appuie au quotidien sur un art sophistiqué de l'offrande et intègre musique et théâtre. Le haut degré d'organisation sociale qui permet d'assumer les nombreuses tâches requises par les rituels se reflète dans l'aménagement de l'espace : un plan régulier définit la disposition des enclos domestiques, de taille égale, autour du centre qui regroupe temple, marché, pavillons publics et, souvent, habitations de la noblesse prénommée puri.

Carnet de route
Le voyage à Bali fut effectué du 26 juin au 10 juillet 2002.
Faire 15 heures davion pour faire bronzette ne me
correspond pas, jai donc décidé daller à la
rencontre des balinais authentiques, de visiter les villages
reculés et de mintéresser à létonnante religion
hindouiste. Les fidèles suivent en effet un rythme journalier
ponctué de prières et doffrandes (tout et nimporte
quoi, cest-à-dire riz, gâteau sec, encens...), de cérémonies
et de crémation. Tout est ici fait pour se retrouver autour des
temples qui fleurissent tels les lotus dans ses jardins. Larrivée
massive des touristes na en rien détérioré leurs joies
de vivre et leurs sourires.
27 juin 2002 :
Après deux heures de train entre Strasbourg et Frankfurt, quatre heures dattente et denregistrement à laéroport, je peux enfin menvoler vers Denpasar. Une escale dune heure est prévue à Singapour après 13 heures de vol et on réattaque pour deux heures et demie. Je voyage sur Garouda Airlines, la compagnie indonésienne, cest pas le grand luxe mais cest pas chère et ça vole, cest bien le principal. Après plus de 22 heures de balade, je me pose dans la capitale balinaise. Et là, cest la stupéfaction, pour ma première demi heure en Asie, je suis époustouflé par le monde, la pollution des motos, la vitesse et évidemment par les visages. Cest pendant mon transfert entre laéroport et lhôtel que je reste ébahi devant ce spectacle.
Je minstalle dans mon hôtel (Bali Agung Village de Seminyak) qui est de classe moyenne conçu dans le style balinais avec sa piscine, bar les pieds dans leau. Il comporte 41 chambres dont 9 villas. Après avoir posé mon sac, je me précipite vers la plage, qui nest quà trois minutes à pied et je la longe vers Kuta. Cette région est la plus vaste station balnéaire de lîle. Kuta, Legian et Semyniak sont trois villes collées que lessor touristique a rendu très commercial. On y trouve les meilleurs discothèques et les plus belles plages. Mes premiers contacts sont très commerciaux, je suis obligé de décliner les invitations au « massage », « batik », jen passe et des meilleurs. En Asie, quand on est blanc, on est riche et donc on se doit dêtre les personnages providentiels pour la survie économique du pays. Je rentre un peu fatigué par ma journée de 35 heures et je mendors comme un bébé.

28 juin 2002 (100 km) :
Que faire, louer une voiture avec chauffeur, me balader en taxi, à vélo ou en moto?. Je choisis de louer une moto pour les 12 prochains jours, idée un peu folle vue la conduite des autochtones qui ne respectent à peu près rien !!!. La conduite la bas est anarchique au plus haut point avec port du casque en option, assurance inexistante pour les motos personnelles, tentative de doublement sans aucune vision, routes pourries, animaux sur la route, feux vert pour tout le monde, cérémonies à la croisée de chemins, et conduite à gauche pour assaisonner tout ça. A oui, joubliais, un permis de conduire suffit pour louer une moto (permis voiture évidemment). Nétant monté quune fois ou deux sur un deux-roues durant mes 23 premières années, je me résigne à demander le mode demploi au loueur qui sempresse de mexpliquer le fonctionnement de cette moto spartiate. Ca doit lui paraître normal puisque son discours est bien structuré et japprends donc à conduire en trois minutes après avoir payé 30 euros pour les 12 jours : Cadeau. Je mélance donc avec la plus extrême attention vers le sud de lîle et le Pura Luhur Uluwatu plus précisément.

Ce temple domine la mer à la pointe occidentale de la péninsule de Bukit. Ce nest pas seulement lun des sanctuaires les plus sacrés de lîle mais aussi lun des plus beaux exemples darchitecture classique balinaise. La tradition attribue sa fondation au XIème siècle au Javanais Mpu Kuturan et sa reconstruction, quelque 500 ans plus tard, au réformateur Dang Hyang Nirartha. Jusquau début du XXème siècle, seuls les princes de Denpasar avaient le droit de participer au culte. Avant de my engager, jenfile donc le traditionnel sarong et sa ceinture, ce tissu permet de cacher les membres inférieurs et de rentrer dans les temples. Cest donc à Uluwatu que jaborde pour la première fois les fidèles hindouistes puisqu' une cérémonie sy déroule. Un jeune balinais à la dentition parfaite, ce qui est rare en Indonésie mexplique les fondements de cette religion fondée sur la prière. Je profite dun moment de répit pour parlementer avec les centaines de singes qui peuplent le site, ils se foutent bien de lhindouisme mais trouvent leurs comptes dans les cérémonies au moment des offrandes, ils se ruent sur les petits paniers pour y déloger le riz et les gâteaux quils contiennent.

Ma balade se poursuit vers le sud et je fais la rencontre dun architecte local en pleine action qui entreprend la construction dun temple à coté de Nusa Dua, il emploi plus de 40 personnes pour lériger. Nusa Dua est un mirage dans le paysage balinais : pas une ordure, des flics à chaque carrefour. Cette ville fraîchement construite regorge dhôtels de luxe, de Club Med et ne reflète en rien lîle. Pire encore, des tonnes de touristes ne sortent pas de plages privées et ont une vision fausse de Bali comme étant un pays riche. Je termine le tour de la presquîle par un fabuleux coucher de soleil sur Seminyak.

29 juin 2002 (62 km) :
Cette journée est consacrée à la visite de la capitale Denpasar et de sa banlieue. Cest une cité bruyante à la croissance mal maîtrisée mais conserve quelques vieux édifices datant davant la conquête de la ville par les Néerlandais en 1906 ainsi que des bâtiments datant de la période coloniale. A chaque carrefour, des statues rendent hommage à des héros de la guerre d'Indépendance de lIndonésie. Je me rends au Pasar Burung ou marché, il est très coloré et comporte une vaste section embaumée par des fleurs exotiques vendues pour la confection des offrandes. La nourriture sentasse sur les étals du rez-de-chaussée dans une odeur des plus nauséabondes, jen profite pour goûter certains fruits exotiques inexistants en Europe. Je poursuivis ma visite au gré du vent et des rencontres tels un vendeur ambulant de cacahuètes, vendeurs de poissons et autres personnages originaux.
Sanur est un ancien village de pêcheurs des plus traditionnels de Bali, il constitue le coeur de la plus ancienne station de villégiature de lîle. Le calme qui y règne par rapport à Denpasar séduit une clientèle familiale. Je pars donc à la rencontre de Turuk, un vendeur de chemises, que mes parents avaient rencontrés quelques mois plus tôt. Je dois lui remettre des photos de sa famille. Je le rencontre sur la plage entre deux magasins dartisanat. Je déjeune au Warung Kami Sama, un petit restaurant donnant sur la plage et les bateaux balinais. Je fais la rencontre dun type à cheveux longs fan de.... Wolkswagen, son dos est entièrement tatoué de lemblème de la marque, il ne me parle que de ça en me montrant sa montre WW, ses boucles doreilles WW, ses colliers WW, son porte-feuille WW, sa ceinture et évidemment son tee-shirt WW, quel singulier personnage. Je termine mon repas avant de repartir pour un parc magnifique contenant plus de 500 bonsaïs.
Je termine ma tournée par le port de Benoa sans aucun intérêt malgré son cimetière à cargos.
30 juin 2002 (104 km) :
Ma première visite est Batubulan qui comporte un temple, le Pura
Puseh, qui offre un bel exemple de lemploi du paras, le tuf
volcanique gris utilisé partout à Bali. Un spectacle de danse
se prépare à proximité du temple et cest la compagnie
Denjalan qui interprète un combat mythique entre Barong et
Rangda, deux divinités hindouistes. Jassiste donc à la
danse du kris, elle est rythmée par une armada de musiciens
tapotant sur leurs instruments dorés. La fin du spectacle est un
enchantement, ainsi, les danseurs entrent en transe et senfonce
dans le torse, les fameux couteaux à longues lames. Les
contractions sont tellement intenses que le couteau ne peut pénétrer
la peau, impressionnant...
Le marché dart (Pasar Seni) de Sukawati vaut le détour, de part ses montagnes de statues en bois, ses masques et ses tableaux (carrément moche, il faut le dire).
Je poursuis vers Batuan et au détour dune route, je remarque un attroupement dhommes sous des tentes et au autour dune arène, ne serait-ce pas un combat de coqs. Effectivement, près de 300 hommes sont accroupis autour de jeux dargent en attendant le fameux coq-fighting. Ils sont normalement interdit mais les autorités ferment les yeux quant à leurs organisations. Un étudiant en économie de Denpasar mapprend le règlement du jeu dans un tumulte de cris, de poignées de billets tendus vers les bookmakers. Cette ambiance me rappelle mes grands moments cinéphiles de ma jeunesse ou Rambo combattait dans un enclos. Ici, ce sont les coqs qui sont munis dune lame solidement accrochée à la patte droite avant de sélancer les uns contre les autres. Les combats senchaînent, ils peuvent durer de 15 secondes à plusieurs minutes lorsquils nont pas le coeur à se battre. Dans ce cas, on réunit les deux coqs dans un grand panier pour diminuer lespace de combat. Le survivant est déclaré vainqueur, les billets séchangent, les arbitres sonne le gong et le perdant est déplumé pour servir de repas aux organisateurs.
Je reprends ma route vers Gianyar et effectue une pause au pied du bébé de Blahbatuh. En effet, depuis les années 90, ce village abrite un immense bambin de pierre. Celui-ci est censé représenter Kebo Iwo, le géant mythologique qui servit le dernier roi de Bali avant son invasion par des javanais au XIV ème siècle. Gianyar est une ville fleurie et un centre administratif peu tourné vers le tourisme, les balinais viennent sy fournir en produits agricoles ou en produits doffrande. Je déambule dans le marché afin de trouver quelques petits souvenirs, je ne ressortirai quavec une montagne de chemises à fleurs Je déjeune dans un superbe restaurant bordant les rizières et déguste un plat à base de riz (comme toujours) et du porc, il est trois heures et temps pour moi de repartir vers le parc ornithologique.
Le Taman Burung aménagé en 1995 dans un endroit ou ne sétendait
que des champs permet aujourdhui dobserver de
nombreuses créatures exotiques. Le parc à reptiles peut agrémenter
cette visite. Lentrée est un peu chère mais ça vaut le
coup doeil. Tous les principaux reptiles dIndonésie
sont représentés dans un environnement luxuriant inspiré de
leurs habitats dorigine. Des varans de Komodo, des
crocodiles et le plus grand python du monde en captivité sont là.
Jai donc le loisir de poser avec un superbe ara sur lépaule
et un autre perroquet majestueux dans les mains, alors que le
Rimba reptil me permet de dialoguer les yeux dans les yeux avec
des iguanes de deux mètres de long et crocodile Monitor sur lépaule
(près de 30 kg quand même).
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